Mme Judith Suminwa, recevant les explications sur le chantier des rocades
Kinshasa, 11 mai 2026 (ACP).- La Première ministre a relevé l’intensification du suivi des travaux des rocades sud-est et sud-ouest de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), pour livrer les ouvrages dans le délai, à la suite d’une visite, mardi, de ces chantiers dans la capitale.’
» Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu pour mesurer l’état réel d’avancement du projet », a déclaré, Judith Suminwa, Première ministre, à la fin de sa visite de ce projet routier stratégique de 73 kilomètres destiné à relier l’est et l’ouest de la capitale, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Un périphérique pour désengorger durablement Kinshasa
Mme Judith Suminwa, recevant les explications sur le chantier des rocades
Pensées comme un véritable périphérique autour de Kinshasa, les rocades sud-est et sud-ouest doivent permettre de décongestionner les principaux axes routiers de la capitale, notamment la RN 1, fortement saturée par le trafic en direction du Kongo-Central, du Grand-Bandundu ainsi que de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de la visite, la Cheffe du Gouvernement a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou dont les travaux sont déjà terminés, notamment du quartier Ndjoku, dans la commune de Kimbanseke, à l’est de Kinshasa, jusqu’à Mitendi, au Nord de la ville, où se construit un important échangeur destiné à fluidifier les connexions entre les rocades et la RN1.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. Nous avons parcouru toute la section et constaté que les travaux avancent bien. À Mitendi, il y aura un passage permettant à la rocade de traverser sous la RN 1 pendant que cette route passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a soutenu Judith Suminwa.
Des infrastructures assurant une connectivité nationale
Au cours de cette visite de terrain, la Première ministre a également mis en exergue les dispositifs techniques prévus pour stabiliser durablement les zones sujettes aux érosions, notamment à travers les murs de soutènement et les importants travaux de terrassement en cours.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation, les murs de soutènement ainsi que les tracées de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra de fluidifier considérablement la circulation et d’améliorer durablement les conditions de déplacement des Kinois », a-t-elle ajouté.
Insistant sur la portée stratégique de ces infrastructures, Mme Suminwa a replacé ce chantier dans une vision plus large de connectivité nationale portée par le Chef de l’État à travers la modernisation des grands corridors routiers du pays.

» On est en train de tracer le corridor sur la Nationale 1. Cela ira jusqu’à Matadi et au port de Boma. De l’autre côté aussi, nous allons arriver en passant par le Grand Bandundu, donc le Kwilu, le Kwango, le Kasaï Central, le Kasaï et jusqu’au Kasaï Oriental. Et de là, nous irons jusque dans le Haut-Katanga.
Il reste encore la partie entre Mbuji-Mayi et Nguba. À partir de là, il y aura la connexion avec le corridor de Lobito. Cela veut dire que nous allons véritablement avoir un pays interconnecté au niveau des routes », a déclaré la Première ministre, qui a insisté sur l’importance du contrôle technique et de la maintenance afin de garantir la durabilité des ouvrages réalisés.
Le Gouvernement accélère les indemnisations
Tout en saluant l’évolution du chantier, la Cheffe du Gouvernement a également appuyé sur la nécessité d’accélérer le traitement des questions d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout ralentissement des travaux.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme Sicomines, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027.
Le Gouvernement va assurer un suivi étroit de cette coordination avec tous les ministères et services concernés », a-t-elle affirmé.
Mme Suminwa a également appelé à une mobilisation collective pour préserver les aménagements réalisés et lutter contre les occupations anarchiques à l’origine de nombreuses érosions dans la capitale.
Le partenariat sino-congolais au service des infrastructures
Des murs de soutènement construits de part et d’autre de la voie
La Cheffe du gouvernement congolais a rappelé que le partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République permet aujourd’hui de renforcer les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct de la population congolaise.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle souligné.
Le projet des rocades s’inscrit pleinement dans le troisième pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale ». Ce pilier vise notamment à renforcer les infrastructures structurantes, améliorer la mobilité urbaine et connecter davantage les espaces économiques du pays.
« Le développement de Kinshasa et du pays nécessite l’implication de tous. Le Gouvernement travaille pour améliorer durablement les conditions de vie de la population, mais cela demande aussi l’accompagnement des citoyens, notamment dans la lutte contre les occupations anarchiques qui aggravent les érosions et compliquent les aménagements urbains », a, par ailleurs, conclu Judith Suminwa.
ACP/C.L.

