Kinshasa, 7 juillet 2026 (ACP).- La guerre qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC) porte gravement atteinte au Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), où l’occupation des aires protégées par des groupes armés accélère la destruction de la biodiversité, a alerté mardi à l’ACP, l’ONG Terra Nova.
« Les parcs et les aires protégées sont devenus les refuges des forces armées qui fuient les zones à forte densité de population pour s’affronter dans les forêts », a déclaré M. Deogratias Cubaka, coordonnateur de Terra Nova.
Selon Deogratias Cubaka, les conséquences du conflit dépassent largement le cadre sécuritaire et affectent durablement l’environnement ainsi que l’économie locale.
D’après cette organisation, la présence de groupes armés dans le Parc empêche les écogardes d’assurer leurs missions de surveillance et de protection de la faune et de la flore.
L’ONG fait état d’une recrudescence des incendies de forêt provoqués par les affrontements, d’une intensification du braconnage d’espèces protégées ainsi que de l’exploitation minière illicite de minerais stratégiques, notamment le coltan, l’or et la cassitérite, à l’intérieur de cette aire protégée classée au patrimoine mondial de l’Unesco.
« Les agents de conservation ne peuvent plus cohabiter avec les hommes armés ni assurer leurs patrouilles de manière régulière », a expliqué M. Cubaka.
L’organisation a relevé également que plusieurs infrastructures administratives du Parc, notamment le site de Chivanga, sont occupées et dégradées par les groupes rebelles.
Terra Nova a souligné que les déplacements de populations provoqués par les violences aggravent également la pression sur les ressources naturelles.
Privées de leurs activités économiques habituelles, de nombreuses familles se tournent vers la coupe de bois destinée à la fabrication de charbon de bois, contribuant ainsi à l’accélération de la déforestation aux abords du Parc.
Selon l’ONG, cette pression anthropique s’est ajoutée aux effets directs des affrontements armés et compromet davantage les efforts de préservation de cet écosystème exceptionnel.
L’organisation a attiré également l’attention sur les importantes pertes économiques enregistrées par le secteur touristique.
« Depuis près de deux ans, à la suite de l’avènement de la rébellion en février 2025, le Parc a enregistré zéro touriste », a affirmé Deogratias Cubaka.
À l’en croire, l’insécurité persistante dissuade aussi bien les visiteurs étrangers que nationaux de fréquenter le Parc national de Kahuzi-Biega, privant ainsi l’État et les communautés riveraines de recettes importantes liées au tourisme.
Face à cette situation, Terra Nova a appelé les autorités congolaises et leurs partenaires à restaurer l’autorité de l’État dans les aires protégées afin de préserver ce patrimoine naturel et d’empêcher une dégradation irréversible de sa biodiversité.
Situé dans la province du Sud-Kivu, le Parc national de Kahuzi-Biega est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il abrite, notamment le gorille de Grauer, espèce endémique de la RDC et classée en danger critique d’extinction. ACP/P M

