Trois questions à Me Fabrice Mbumba (Avocat au barreau de Kinshasa-Matete)

Kinshasa, 2  février 2026 (ACP).- L’appel du Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, au dialogue, lors de sa rencontre, samedi 31 janvier, avec le corps diplomatique accrédité au pays suscite des réactions. L’Agence congolaise de presse (ACP), dans sa rubrique « Trois questions », a approché, lundi, Me Fabrice Mbumba, avocat au barreau de Kinshasa/Matete. Ci-dessous son point de vue.

Question 1: Quelle est votre réaction au message du Président Tshisekedi au corps diplomatique accrédite au pays au sujet du dialogue national inclusif tant attendu ?

Réponse 1 : Le Président de la République s’est ouvert au dialogue qui pourrait être tenu sur le sol congolais, et dont l’objectif est de consolider la cohésion nationale et de renforcer l’unité du pays, sans remettre en cause les institutions issues du suffrage universel. Entendez, celles issues des élections de 2023.

Question  2 : Les conditions que le Chef de l’État a posées en amont peuvent-elles favoriser la tenue de ce dialogue national ?

Réponse 2 : Le Président Tshisekedi est le garant du bon fonctionnement des institutions. En sa qualité de Chef de l’État et de Commandant suprême des Forces armées et de la Police nationale, la sauvegarde de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale ainsi que la protection des personnes et de leurs biens reposent sur ses épaules, tout en étant appuyé par toutes les institutions de la République et les services publics. Depuis sa prise de fonction, il fait face à une agression rwandaise dont les mobiles consistent à décimer les populations congolaises dans l’Est du pays et de piller illégalement les richesses de la RDC en associant certains fils égarés. Depuis la prise de pouvoir par l’Alliance des forces  démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) avec, à sa tête Laurent-Désiré Kabila, appuyé par les troupes rwandaises et ougandaises, la RDC a basculé dans le cycle de violences interdites. Et les dialogues qui ont suivi cette prise de pouvoir a consacré l’infiltration de nos institutions à tous les niveaux. Pour être clair: Bosco Ntaganda passé pour un général congolais, mais une fois arrête et transféré à la Cour pénale internationale (CPI), il a décliné son identité rwandaise, sollicitant d’être jugé en Kinyarwanda, sa langue natale. À cause de l’infiltration favorisée par le brassage, mixage et intégration des éléments des groupes armés locaux et étrangers au sein des forces de défense et sécurité, l’Assemblée nationale a pris une résolution mettant définitivement fin à cette pratique. Tirant les leçons du passé, le Président Tshisekedi a dit au corps diplomatique accrédité en RDC que le dialogue national doit se tenir sur le sol congolais, être conduit par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution et des lois de la République, et ne pas servir à relativiser l’agression ou à diluer les responsabilités établies.

Question 3 : Partagez-vous la position du Président Tshisekedi sur les poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes en RDC ?

Réponse 3 : En tant qu’avocat, j’ai toujours plaidé pour une justice équitable pour tous. Et les crimes commis sur le sol congolais depuis trois décennies sont imprescriptibles et appellent à une justice transitionnelle. Dans ce contexte, le Président Tshisekedi a réaffirmé son engagement à poursuivre les auteurs de crimes en RDC, en invoquant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ), pour garantir la justice et la responsabilité. Pour ce faire, le Président Tshisekedi a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne les efforts de la RDC pour rétablir la paix et la stabilité dans la région, et pour qu’elle prenne des sanctions contre les responsables de l’agression rwandaise. ACP/

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