Une étude sur la lutte antitabac dans l’enseignement des sciences de la santé mentale

Kinshasa, 17 juin 2026 (ACP).- Une recherche doctorale menée à l’université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, a recommandé mercredi  l’intégration de l’enseignement de la lutte antitabac dans  l’enseignement des sciences de la santé mentale du niveau secondaire en République démocratique du Congo (RDC).

« Selon notre  étude qualitative réalisée à Kinshasa, l’intégration de cette matière dans le curriculum scolaire constitue une stratégie efficace pour sensibiliser les apprenants aux dangers du tabac et promouvoir des comportements favorables à la santé », a déclaré Patrice Milambo Kapia, auteur de la thèse.

Il a indiqué que l’étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac (CCLAT), à laquelle la RDC a adhéré en 2004 avant de la ratifier en 2005. Elle vise à évaluer le niveau d’intégration de la lutte antitabac dans les programmes d’enseignement des sciences de la santé et à identifier les besoins en matière de formation.

Le récipiendaire a ajouté que les investigations ont porté sur trois Instituts d’enseignement médical (IEM) de Kinshasa dispensant la formation en santé mentale.

M. Milambo a relevé que la thèse a analysé plusieurs documents pédagogiques, interrogé des enseignants, des élèves, des cadres des institutions concernées ainsi que des représentants des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre le tabagisme. Les résultats ont mis en évidence l’absence d’un cours structuré spécifiquement consacré à la lutte antitabac, le manque de matériels didactiques adaptés ainsi que l’insuffisance d’outils d’évaluation des compétences dans ce domaine.

En outre, l’étude a révélé un intérêt marqué des enseignants, des élèves et des responsables institutionnels pour l’introduction d’un enseignement spécifique sur les méfaits du tabac, les techniques de prévention, la prise en charge des cas de dépendance et les stratégies de communication pour le changement de comportement.

 « Si une partie des consommateurs de cigarettes déclare lire les avertissements sanitaires figurant sur les emballages, une majorité affirme ne pas toujours comprendre pleinement les messages véhiculés, ce qui limite leur impact sur l’arrêt du tabagisme », a soutenu l’auteur.

Par ailleurs, cette thèse a recommandé l’élaboration d’une approche curriculaire adaptée au contexte congolais, intégrant des objectifs pédagogiques clairs, des contenus spécifiques, des outils didactiques appropriés ainsi que des mécanismes d’évaluation, en vue de renforcer l’éducation à la lutte antitabac dans les établissements de formation en sciences de la santé.

Cette initiative va contribuer à la réduction du tabagisme en République démocratique du Congo et au renforcement des capacités des futurs professionnels de santé dans la prévention et la prise en charge des addictions liées au tabac.

C’est avec la mention de ‘’grande distinction’’ que le récipiendaire a été proclamé docteur en didactique des sciences de la santé.

ACP/ NK

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