Kinshasa, 7 janvier 2026 (ACP).- Une initiative du gouvernement soudanais pour la paix a été présentée au Conseil de sécurité de l’ONU par le Premier ministre du Soudan, lors de son discours devant les représentants de cet organe exécutif, selon un document de l’ambassade soudanais en République démocratique du Congo consulté mercredi.
« Au cœur du Conseil de sécurité des nations unis, le Dr. Kamil Idris, premier ministre de la République du soudan a dévoilé l’initiative de son gouvernement pour la paix au soudan. Dans son discours devant les représentants du Conseil de sécurité, il a souligné que le soudan se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire, un moment ou le silence des armes peut être retardé par l’hésitation ou garanti par le courage. +Notre nation a payé un prix insupportable en vies humaines et a vu son tissu social se déchirer. Des villes ont été réduites en ruines, des familles en exil et l’espoir lui-même a été assiégé+ », a-t-on lu dans le document.
D’après la source, le Dr. Kamil Idris a présenté plusieurs étapes fondamentales pour la paix au Soudan. Il s’agit notamment, du cessez-le-feu global sous la supervision conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, du rassemblement des combattants de la milice rebelle dans des camps spécifiques, du désarmement de la milice rebelle en mettant en œuvre une opération sous control international convenu, avec des garanties contre le recyclage des armes.
« L’Initiative de paix du gouvernement soudanais n’est pas née d’une illusion, mais de la nécessité, non pas d’une victoire, mais d’une responsabilité. C’est un choix délibéré de remplacer le chaos par l’ordre, la violence par la loi et le désespoir par l’espoir. Fondée sur les principes internationaux et sur les complémentarités et synergies avec l’Initiative américano-saoudienne, éclairée par une expérience douloureuse, cette initiative offre un cadre réaliste, applicable et inclusif pour protéger les civils, mettre fin aux atrocités, rétablir l’autorité de l’État et ouvrir la voie à la réconciliation nationale », a déclaré le Premier ministre du Soudan devant les représentants du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Aujourd’hui, le Soudan ne demande pas simplement de la sympathie, mais un partenariat pour garantir la paix, la justice et la dignité à son peuple. Notre initiative est nationale, elle ne nous est pas imposée. Il ne s’agit pas de gagner une guerre, mais de mettre fin à un cycle de violence qui a ruiné le Soudan pendant des décennies. (…)En violation flagrante de toutes les lois et normes internationales, entraînant une catastrophe humanitaire sans précédent et déstabilisant la stabilité régionale et internationale, et suite à la feuille de route déposée à votre estimé Conseil et en lien avec l’initiative de paix saoudo-américaine, le gouvernement soudanais présente son initiative de paix », a renchérit le document.
Mesures de confiance
Fondé sur la résolution 2736 du Conseil de sécurité, le gouvernement soudanais a adopté un processus de paix comprenant des mesures de confiance multidimensionnelles, des garanties et des réponses proactives, couvrant à cet effet, les aspects politiques, économiques, sécuritaires et sociaux.
« Du point de vue politique, il faut prendre des mesures judiciaires concernant le droit public en adoptant des politiques de reddition de compte pour les éléments non impliqués dans des crimes de guerre, des génocides, des violations des droits de l’homme, garantir qu’aucun citoyen soudanais ne se voie refuser l’accès aux documents officiels. (…) Du point de vue sécuritaire, il faut entre autres, intégrer dans les forces régulières du gouvernement soudanais les individus qui répondent aux critères spécifiés par l’État et mettre en œuvre de programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) pour les personnes éligibles dans le but de retourner à la vie civile », a précisé le document.
Du point de vue économique, il faut soutenir les projets de développement dans les États du Darfour et du Kordofan, ainsi que dans le reste des États touchés, en allouant des ressources gouvernementales et internationales supplémentaires, ainsi que des projets de reconstruction ; créer des projets productifs en établissant des fonds de micro finance dans le but d’améliorer les conditions de vie dans les zones touchées par la guerre.
Se rapportant enfin aux mesures sociales, le document a souligné l’implication des éléments de la milice non impliqués et ces entités sociales dans les initiatives de paix communautaires et réparation des préjudices pour établir la confiance, avant de solliciter l’organisation des conférences nationales et internationales exhaustives pour rétablir la paix sociale, la réconciliation et la cohésion nationale en coopération avec les Nations Unies, les organisations internationales et régionales, les donateurs et les pays frères.
ACP/C.L.

