Universités fermées dans l’Est de la RDC : la tutelle  disposée à discuter avec l’Église

Kinshasa, 19 octobre 2026 (ACP).- Le ministère de l’Enseignement supérieur a réaffirmé dimanche, sa disponibilité à se concerter avec l’Église concernant les mesures d’application prises après la décision de fermeture d’universités dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, contrôlés par l’armée rwandaise et le M23-AFC, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué.

« Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (Esursi) a pris connaissance avec attention de la lettre ouverte de Monseigneur François-Xavier Maroy Rusengo, intitulée +Remets ton épée au fourreau!+. Il comprend les préoccupations exprimées pour l’avenir des étudiants et les souffrances des familles de l’Est », a-t-on lu.

Le ministère indique que ces inquiétudes méritent des réponses concrètes, tout en réaffirmant sa disponibilité pour une concertation avec l’Église et les partenaires éducatifs afin de faciliter l’application des mesures d’accompagnement et de résoudre les difficultés persistantes.

« Le ministère respecte la mission pastorale de l’Église et l’attention qu’elle porte aux populations éprouvées par la guerre. Il importe néanmoins de distinguer les ingérences à l’origine de cette crise universitaire des mesures prises par l’autorité publique pour préserver les parcours académiques. Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre », a indiqué le document.

Selon la source, les nominations effectuées par M23-AFC, soutenue par le Rwanda, dans les établissements de Goma et de Bukavu portent atteinte à leur gouvernance et aux compétences de la tutelle, précisant que l’exercice des responsabilités légales de l’État ne saurait être placé sur le même plan que les décisions imposées par un mouvement armé.

« Comme l’a rappelé le gouvernement dans son communiqué du 27 août 2026, l’occupation ne confère ni au Rwanda ni au M23-AFC une quelconque compétence administrative ou académique », a martelé le ministère.

Les mesures conservatoires limitées à onze établissements

Le ministère de l’Esursi a, en outre, rappelé que les mesures conservatoires, ciblées et temporaires, limitées à onze établissements publics précisément identifiés, visent à préserver la régularité des parcours, la valeur des diplômes et l’avenir des étudiants.

« Dans le prolongement des mesures prises depuis août 2026, le ministère a précisé, par la note circulaire du 9 octobre 2026, les modalités d’accueil et d’accompagnement des étudiants et personnels déplacés. Cette circulaire ne prescrit aucun départ général des étudiants vers d’autres provinces : organiser l’accueil des personnes déplacées ne signifie pas imposer leur déplacement », a indiqué la même source.

Cette circulaire prévoit notamment la désignation de points focaux, l’examen des admissions, la reconnaissance des acquis et l’accompagnement pédagogique. Elle interdit également le rejet automatique des demandes en cas de perte de documents, sous réserve de vérifications complémentaires, ainsi que le second paiement de frais de même nature déjà acquittés pour la même période, sur justification.

Elle prévoit aussi l’exonération des majorations et pénalités liées au déplacement ou à l’interruption forcée des activités, la protection contre les discriminations et les intimidations, ainsi que l’accompagnement des personnels déplacés.

Le suivi de ces mesures est confié à un comité de crise placé sous la coordination du directoire du ministère de l’Esursi. Les établissements doivent transmettre un premier état des personnes accueillies et des besoins identifiés dans les sept jours suivant la réception de la circulaire.

Le ministère s’est dit conscient que les démarches administratives ne suffisent pas à surmonter les difficultés matérielles et sécuritaires des familles, particulièrement dans les zones sous occupation, où les déplacements peuvent être impossibles ou très coûteux. ACP/GN

Fil d'actualités

Sur le même sujet