Victimes de Mugunga : « Larguer une bombe dans un camp de déplacés, un crime de guerre » (Ministre des Droits humains)

Goma, 15 mai 2024 (ACP).- Le Rwanda est auteur de crime de guerre pour avoir tué des civils sans armes, a martelé mercredi le ministre des Droits humains à la cérémonie d’inhumation à Goma de 35 victimes des bombardements des camps de déplacés de Mugunga (Nord-Kivu) dans l’Est de la République démocratique du Congo.

« Les bombes sont des armes de guerre. Dans le camp de Mugunga, il n’y avait ni combattants, ni camps militaires. Il n’y avait que des déplacés, des civils par essence, qui ne demandaient que de vivre en paix. Larguer une bombe dans un camp de déplacés n’est ni plus ni moins un crime de guerre », a déclaré dans son allocution de circonstance Fabrice Puela, représentant personnel du Chef de l’Etat.

Les corps des 35 victimes exposés à l’Esplanade du stade de l’Unité de Goma

 « La RDC condamne cette nouvelle attaque du Rwanda et va utiliser toutes les voies du droit pour que les auteurs de ces crimes internationaux imprescriptibles soient poursuivis par nos tribunaux et par des juridictions internationales au vu des preuves matérielles en notre possession »,

« Le complot ourdi contre notre pays à  plusieurs ramifications et seule notre détermination à bouter l’ennemi hors du territoire national avec nos vaillants militaires, nous fera respecter », a fait savoir en outre le ministre.

Un membre de famille d’une victime

Le ministre des Droits humains  a ajouté : « La barbarie et les actes criminels perpétrés par nos ennemis ne resteront pas impunis. Le Rwanda, principal auteur des bombardements de (Mugunga et Lushagala ), finira par répondre de ses actes de différents types devant la Cour internationale de justice,  pour avoir violé délibérément les dispositions des droits internationaux humanitaires ».

Pour lui, le 3 mai restera une journée commémorative et de recueillement en RDC, dans le Nord-Kivu et à Goma en particulier.

Fabrice Puela a dit enfin  aux déplacés que le combat est engagé pour qu’ils puissent regagner leurs villages respectifs « en toute sécurité ».

« Trop c’est trop » (Modeste Mutinga)

« Trop c’est trop. Ça doit cesser et ça va cesser. Le Président de la République ne ménage aucun effort pour que la paix revienne dans cette partie de la République… Que ce deuil réveille en nous une dynamique de solidarité nationale. Soyez rassurés que vous n’êtes pas seuls », a déclaré pour sa part Modeste Mutinga dans son mot de circonstance.

Désolation dans le camp des mouvements citoyens de Goma

« Il est clair que la barbarie et les actes criminels perpétrés par Paul Kagame ne resteront pas impunis », a martelé le ministre en charge  des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale.

Auparavant, le général-major Peter Cirimwami, gouverneur militaire du Nord-Kivu a, dans son allocution en swahili, exprimé son indignation face à la barbarie de l’armée rwandaise et annoncé l’érection d’un mémorial destiné à conserver la mémoire des victimes du génocide congolais.

Le moment  a été empreint d’émotion et de consternation sur l’Esplanade du Stade de l’Unité à Goma, pendant le culte œcuménique.

Les victimes des bombardements des forces rwandaises dans les camps des déplacés de Lushagala et du 8ème CEPAC ont été inhumées au Mémorial de Kibati, situé à environ 14 km de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu après une cérémonie d’hommages en présence d’officiels, parmi lesquels le ministre des Droits Humains, Albert-Fabrice Puela, représentant personnel du Chef de l’État.

Le site de Kibati

La délégation gouvernementale avait choisi un site des Anciens combattants (Soldats de la Force publique du Congo belge) situé à Kibati à près de 15 Km de Goma, pour l’inhumation des victimes des bombes larguées par l’armée rwandaise sur Mugunga-Lushagala ainsi que l’érection d’un mémorial appelé « Genocost ».

« Sur ce site qui était réservé aux anciens combattants sera érigé un site de mémoire, ce cimetière qu’on appellera « Genocost » (…) Et nous tous, nous viendrons ici pour nous souvenir et conjurer le sort », avait déclaré Fabrice Puela,  ministre des Droits humains, lors de la visite du site  par la délégation mixte Gouvernement-Assemblée nationale.

Le général-major Peter Cirimwami,  gouverneur de la province du Nord-Kivu, avait  précisé  qu’il s’agit de « trois hectares de terre ».

« Nous avons signé hier soir un arrêté qui désaffecte ce terrain et qui l’attribue au mémorial que nous allons ériger ici en mémoire de nos frères et sœurs victimes de la barbarie des rwandais et leurs supplétifs du M23 », avait-il annoncé.

ACP/

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