Kinshasa, 11 mars 2026 (ACP).- La Première ministre a exigé des sanctions contre les auteurs des violences sexuelles commises dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC), lors d’un échange à New York, aux USA, avec une représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU, selon un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« Il est tout à fait inadmissible que nous puissions accepter, alors que nous nous positionnons pour lutter contre ces violences, que des pays qui commettent ces violences faites à la femme occupent des positions de décision dans certains organes des Nations unies (…) Il faut que la justice fonctionne, il faut que des sanctions soient prises, il faut que les femmes qui subissent ces violences aient accès à la justice », a déclaré Judith Suminwa, Première ministre.
Pour la cheffe du gouvernement congolais, il est temps que la communauté internationale respecte ses engagements, en appliquant toutes les sanctions, afin de mettre fin à ces atrocités et que les auteurs de ces actes odieux soient mis devant leurs responsabilités. « Chez nous, nous avons commencé ce processus avec, notamment le Fonarev (Fonds national des réparations des victimes), mais les pays ou les groupes armés qui commettent ces exactions doivent également être sanctionnés », a insisté la Première ministre, lors de cet échange avec Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.
Pour cette Journée internationale des femmes (Jif 2026), la cheffe de l’exécutif central de la RDC a, par ailleurs, annoncé que les discussions portent aussi sur la possibilité de lutter contre toutes les violences faites à la femme et les violences basées sur le genre, afin d’apporter une réponse intégrée et cohérente à ce combat. « Il faut que tous ces pays puissent s’aligner et être cohérents avec les positions que nous prenons et les décisions qui sont actées. Bien entendu, nous les attendons vivement. Nous continuons à les solliciter à chaque fois que nous sommes en contact avec nos partenaires », a-t-elle dit.
Elle a également évoqué l’engagement de son pays dans la défense des droits et la promotion des femmes et des filles consacrés par la loi fondamentale ainsi que les victoires remportées sur les plans politique et professionnel. « Notre Constitution, dans son article 14, parle de la parité, mais cette parité est un processus. Nous avons aussi le code de la famille qui a été modifié : les femmes n’ont plus besoin de l’autorisation maritale pour travailler. Avec l’arrivée du Président Félix Tshisekedi, nous avons vu la nomination d’une femme Première ministre, et le taux de femmes au sein du gouvernement a augmenté. Nous étions à 21 % en 2021, aujourd’hui nous sommes à 32 %. C’est une victoire », a précisé Judith Suminwa.
Dans la matinée de mardi, la cheffe du gouvernement congolais avait pris part au déjeuner organisé par le Président des Philippines. En effet, l’État philippin veut compter sur le soutien du gouvernement de la RDC à sa candidature prochaine comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
Lors de cette rencontre, la Première ministre Suminwa a également abordé les enjeux liés à la protection des femmes et des enfants en zone de conflit. La RDC est déterminée à faire entendre sa voix sur la problématique des violences faites aux femmes pour que justice soit rendue aux victimes et leur permettre de se reconstruire à travers ce processus de réparation.
Dans le deuxième pilier du Programme d’actions, le gouvernement Suminwa met un point sur « les mécanismes de justice transitionnelle, dont les poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes les plus graves ».
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