Beni, 3 août 2026 (ACP).- Le respect des mesures barrières a été recommandé lundi aux habitants de l’aire de santé de Butsili à Beni au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, par l’infirmier titulaire de cette entité, afin d’éviter qu’elle ne redevienne l’épicentre de l’épidémie d’Ebola, au cours d’une séance de sensibilisation.
« Je me suis réveillé tôt ce matin pour venir vous dire que notre aire de santé est de nouveau terriblement affectée par la maladie à virus Ebola. Je vous sensibilise au respect des mesures barrières pour que nous ne soyons plus qualifiés d’épicentre comme ce fut le cas en 2019. Vous verrez beaucoup d’agents de la riposte se déverser ici, soit pour vous sensibiliser, soit pour vous lister parmi les contacts. Ne les chassez pas. Ne résistez pas, c’est notre vie qui en dépend. Ebola aime les résistants et fuit les personnes simples qui comprennent vite le danger. Si vous respectez et pratiquez les orientations vous fournies par les relais communautaires, les chefs de base et les agents de la riposte, tout va disparaître rapidement et nous dirons merci à Dieu« , a indiqué Mbusa Kasine, infirmier titulaire du centre de santé Butsili.
À cette occasion, un conducteur de moto-taxi exerçant entre Beni et Mungwalu (Ituri) a livré un témoignage poignant pour appeler les habitants à ne pas négliger les orientations des spécialistes de la santé.
« Moi que vous voyez ici, je suis un conducteur de taxi-moto reliant Beni à Mungwalu. J’ai assisté à un drame à Mungwalu alors que je transportais un médecin de chez lui vers l’hôpital où il allait soigner des malades d’Ebola. D’après mes observations, il n’était pas malade. Mais quelques minutes seulement après son entrée au centre de traitement d’Ebola (CTE), on est venu me chercher à mon parking, qui n’était pas loin, pour me dire que j’étais le contact d’un cas confirmé déjà décédé ! Ce n’était pas facile à croire pour moi, alors j’ai demandé qu’on me montre la victime. J’ai vu, à travers une vitre blindée, que c’était mon client de tout à l’heure. Sans résister, j’ai accepté le suivi de 21 jours avant de revenir à Beni. Et aujourd’hui, vous me voyez en bonne santé« , a témoigné Georges Akilimali, témoin oculaire de la virulence de la maladie à virus Ebola à Mungwalu.
Il a ainsi appelé les habitants à prendre Ebola au sérieux et à accepter d’être orientés ou suivis pour ne pas perdre la vie, estimant qu’après la mort, il n’y a plus de retour possible.
Les habitants de cette partie du quartier Musenze ont convenu de se ranger derrière les orientations des agents sanitaires, tout en recommandant à l’infirmier titulaire d’éviter toute brutalité en cas de détection d’un cas suspect dans la communauté. ACP/Ch. K./kms

