Beni, 4 juillet 2026(ACP).- Plusieurs facteurs à la base des suicides récurrents dans la région de Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont été évoqués par un psychologue clinicien lors d’un entretien samedi avec l’ACP.
«Le suicide, en fait, n’a généralement pas une seule cause. Il résulte souvent de plusieurs difficultés quis’accumulent et les causes probables peuvent être les traumatismes liés à l’insécurité, aux violences répétées dans notre région, à la dépression et d’autres troubles psychologiques non pris en charge. On peut citer aussi les difficultés économiques: le chômage, la pauvreté. Il y a aussi les conflits familiaux», a énuméré EugèneVomba, psychologue clinicien expérimenté dans l’accompagnement psychosocial des personnes affectées par des urgences et soutien aux familles.
Il a également cité les séparations, les divorces forcés, l’isolement, la consommation exagérée de l’alcool et de la drogue mais aussi la peur de demander de l’aide àcause de la stigmatisation parmi les multiples causes pouvant pousser une personne affectée à mettre individuellement fin à ses jours sur la terre.
Selon le psychologue Vomba, les suicides engendrent nombreuses conséquences, entre autres, une grande souffrance pour la famille affectée, des traumatismes psychologiques chez les témoins et les survivants qui ont vécu la scène insoutenable, un climat de peur et de désespoir dans la communauté.
Il s’observe également un risque de passage à l’acte parimitation chez les personnes fragiles si aucun soutienne leur a été apporté.
«Comme remède, la première étape est de reconnaître que demander de l’aide est un signe de courage et non une faiblesse», a conseillé le psychologue clinicien, appelant quiconque en situation de désespoir «de parler de ses difficultés à une personne de confiance au lieu de souffrir en silence dans la solitude parce que qui ne s’exprime pas s’imprime intérieurement».
Ainsi, il a recommandé à toute personne affectée par une quelconque dépression, de consulter urgemment un psychologue ou un professionnel de santé dès que l’on sent que la tristesse prend une ampleur inquiétante ou encore quand le désespoir ou les idées de mort persistent dans l’esprit.
L’alcool et la drogue sont à éviter, car ils constituent des facteurs aggravant les difficultés, mais aussi garder les liens étroits avec la famille, les amis et la communauté constitue aussi un remède.
Le maintien d’une routine de sommeil, d’alimentation et d’activités physiques est recommandé en plus du devoir de la communauté à être attentive aux personnes isolées.
«La dépression étant une maladie qui se soigne, le suicide peut être évité si la personne reçoit une écoute, un soutien et une prise en charge en temps; personne ne devrait rester seule face à la souffrance», a conclu le psychologue.
Les cas de suicide sont devenus très fréquents dans la région comprise entre Beni, Butembo où il ne passe pas une semaine sans qu’une mort par pendaison ne soit rapportée.
Les victimes se recrutent dans toutes les tranches d’âge au-delà de 13 ans. ACP/KS/kms

