Kinshasa, 15 juin 2026 (ACP).- Les familles des experts onusiens, assassinés en 2017 dans le Kasaï, province du centre de la République démocratique du Congo (RDC), ont été reconnaissantes à une institution du pays pour son attention à leur quête de vérité, après l’arrêt d’une juridiction militaire, selon une correspondance consultée lundi par l’ACP.
« À la suite du récent arrêt rendu par la Haute cour militaire de Kinshasa, nous souhaitons exprimer notre sincère reconnaissance pour l’attention et la compréhension que la CNDH a manifestées à l’égard de notre quête de vérité, de responsabilité et de justice concernant les crimes commis contre Zaida et Michael », a-t-on lu dans cette lettre des familles de ces experts onusiens.
Ces familles ont surtout salué volonté notamment de Paul Nsapu, président de cette institution citoyenne congolais pour ses réponses à certaines questions non résolues afin de poursuivre l’examen de la responsabilité dans ce dossier.
« Un tel engagement est essentiel non seulement pour nos familles, mais aussi pour tous ceux qui continuent à rechercher des réponses sur l’ensemble des événements survenus au Kasaï », ont ajouté ces familles.
Et de poursuivre: « L’arrêt reconnaît la représentation importante de personnes qui, selon la Cour, ont joué un rôle central dans l’assassinat de Zaida Catalán et Michael Sharp, même si ce rôle n’a pas été totalement pris en compte ou pleinement clarifié dans la procédure judiciaire. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont contribué à établir la responsabilité de ces personnes directement impliquées ».
Ces familles ont cependant relevé qu’elles demeurent attachéss à comprendre non seulement qui a exécuté ces meurtres, mais aussi pourquoi ils se sont produits et si d’autres personnes ont joué un rôle dans la planification, la facilitation, l’orientation ou la dissimulation de ces actes.
« Nous sommes particulièrement intéressés à savoir jusqu’où les responsabilités pourraient s’étendre, y compris si la Commission conclut qu’il pourrait exister une responsabilité au-delà des personnes déjà condamnées », ont elles martelé, espérant également aussi que la poursuite des enquêtes pourra contribuer à clarifier les choses.
Pour les familles des victimes, la quête de vérité concernant les meurtres de Zaida et Michael est indissociable de la quête de justice pour toutes les victimes des violences du Kasaï. Elles ont expliqué, dans leur lettre, que Zaida et Michael avaient voyagé au Kasaï, parce qu’ils cherchaient à documenter et à comprendre les souffrances subies par le peuple congolais.
« Leur travail était motivé par un engagement envers la vérité, la responsabilité et la justice pour toutes les victimes du conflit », ont elles, en outre, soutenu.
Et de lancer: « Nous demandons donc respectueusement à la Commission de poursuivre son travail et, lorsque cela est possible, de rechercher des enquêtes plus approfondies qui puissent contribuer à une compréhension complète des événements survenus au Kasaï et des responsabilités de toutes les personnes impliquées ».
« Les familles de Zaida et Michael méritent la vérité. Les victimes du conflit du Kasaï et leurs familles méritent la vérité. Le peuple de la République Démocratique du Congo mérite la vérité », ont elles martelé.
Et de conclure: « Nous sommes prêts à soutenir tous les efforts sincères visant à découvrir la vérité, à faire progresser la responsabilité, à préserver les preuves historiques et à garantir la justice pour Zaida et Michael, ainsi que pour les victimes des violences au Kasaï et pour les générations futures ».
ACP/ Kazadi

