Kisangani, 29 septembre 2026 (ACP).- Un appel à l’application stricte des mesures préventives pour prévenir la contamination et la propagation de la maladie à virus Ebola (MVE) a été lancé aux structures sanitaires par un microbiologiste, lors d’une interview accordée mardi à l’ACP à Kisangani, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo.
« Je vous dis qu’il y a un problème de maintien des gestes barrières dès l’entrée des structures sanitaires.
Les formations sanitaires doivent donc s’assurer que toute personne venant de l’extérieur et souhaitant accéder à l’hôpital ou à son enceinte soit d’abord soumise au contrôle de la température et obligatoirement au lavage des mains. Ce sont deux conditions , sine qua non », a déclaré le professeur Alain Okito, expert en microbiologie.
Selon cet expert, toute personne refusant de se soumettre au lavage des mains et au contrôle de température devrait se voir refuser l’accès aux installations hospitalières, notamment aux clôtures, parcelles, salles et chambres, tandis que les établissements disposant de moyens suffisants pourraient également recourir aux tests de diagnostic rapide, particulièrement pour le personnel soignant.
Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour les médecins, infirmiers, techniciens de laboratoire, biologistes médicaux, hygiénistes et autres agents de santé de changer obligatoirement de gants après le traitement de
chaque patient afin d’éviter les risques de transmission d’un malade à un autre.
« Un malade égale un gant : le personnel soignant doit obligatoirement changer de gants pour chaque patient. Il ne faut pas utiliser les mêmes gants après avoir touché une personne susceptible d’être contaminée par Ebola, car cela expose les autres patients à un risque de contamination », a-t-il expliqué.
Le professeur Alain Okito a également recommandé le changement régulier des masques portés par le personnel, au moins deux à trois fois durant la journée de service, ainsi que l’interdiction de ramener à domicile les blouses, chaussures et autres équipements utilisés dans les structures sanitaires.
« Le fait d’amener les blouses et les instruments à la maison contribue aussi, sans le savoir, à la propagation de l’épidémie. Lorsque toutes ces mesures sont correctement appliquées, je pense que nos hôpitaux et nos formations sanitaires vont cesser d’être des lieux de propagation de la maladie à virus Ebola, et la transmission va diminuer », a-t-il souligné.
Il a enfin appelé le personnel soignant à désinfecter systématiquement les instruments utilisés lors des consultations, notamment les thermomètres et stéthoscopes, avant leur utilisation sur un autre patient.
Cette situation intervient après la contamination de huit membres du personnel d’un hôpital privé de Kisangani, dont deux médecins, parmi lesquels un est décédé, selon les autorités sanitaires provinciales.
ACP/D.L.

