Ebola à Kisangani : un médecin survivant témoigne des difficultés de réintégration après guérison

Kisangani,  3 octobre 2026 (ACP).- Une difficulté de réintégration dans la communauté et le milieu professionnel après sa guérison de la maladie à virus Ebola (MVE) a été rapportée samedi à Kisangani, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC)  par un médecin survivant d’Ebola, lors d’une interview accordée à l’ACP.

« Mon intégration n’a pas été facile, que ce soit dans la société ou dans le milieu professionnel. J’étais complètement marginalisé et, partout où j’ai presté, mes collègues et mes responsables m’ont repoussé », a déclaré Dr Innocent Bukanga, médecin du gouvernement congolais et survivant d’Ebola.

Il a expliqué qu’après avoir été déchargé du Centre de traitement d’Ebola (CTE), le 2 septembre, il est resté sans activité professionnelle jusqu’au 27 septembre, en raison, selon lui, de la stigmatisation et du rejet dont il faisait l’objet dans certains milieux professionnels.

Face à cette situation, le médecin a indiqué avoir saisi la Division provinciale de la santé (DPS) pour faire part de sa situation, notamment son absence d’affectation et de prime de risque, ainsi que des difficultés rencontrées après sa guérison.

« Je n’avais plus d’activités,  j’étais toujours à la maison. Mais quand je suis allé informer la DPS que partout où je travaille, je n’avais pas d’affectation ni de prime de risque, un jeune médecin comme moi ne pouvait pas rester sans quelque part où prester. C’est pour cela que je suis allé voir le chef de Division de la santé, qui m’a intégré au niveau du Centre de traitement d’Ebola », a-t-il expliqué.

Depuis son intégration au CTE, le survivant a fait état d’un soulagement, affirmant que sa situation professionnelle s’est améliorée.

« Depuis que j’ai intégré le Centre de traitement d’Ebola, cela fait déjà quatre jours, je me sens quand même mieux », a-t-il fait savoir.

De la contamination à la guérison

Dr Innocent Bukanga a expliqué avoir contracté la maladie dans le cadre de son travail, après avoir pris en charge un patient en provenance de Nia-Nia, en province de l’Ituri, sans savoir que celui-ci était atteint d’Ebola.

Après l’apparition de symptômes, notamment la fièvre, la diarrhée, les vomissements et l’asthénie, il a d’abord été interné dans une structure de santé et traité pour un paludisme grave, avant que son état ne s’aggrave.

« Je commençais à faire plus de cinq selles par jour. C’étaient des diarrhées, des vomissements et de la fièvre à 39 degrés. J’étais encore interné dans une polyclinique de la place, où j’ai passé deux jours, mais les symptômes ont toujours persisté », a-t-il expliqué.

Son état de santé s’étant aggravé, il a ensuite été orienté vers l’hôpital du Cinquantenaire de Kisangani, où les prélèvements effectués ont confirmé son infection à la maladie à virus Ebola.

Selon son témoignage, les premiers symptômes sont apparus environ sept jours après l’exposition. Il a ensuite passé 12 à 13 jours au CTE, où il a bénéficié d’une prise en charge médicale avant sa guérison et sa sortie.

Dans cette optique, il a appelé la communauté à abandonner les attitudes marginalisantes et discriminatoires à l’égard des personnes ayant survécu à la maladie à virus Ebola, afin de favoriser leur réintégration sociale et professionnelle. ACP/LIB

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