Ebola en RDC : au cinquième mois, l’espoir grandit, mais la vigilance reste de mise (Par Guy-noël Bokeme)

Kinshasa, 17 septembre 2026 (ACP).- Dès l’entame du cinquième mois depuis la déclaration officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), des signes d’amélioration dans la riposte ont été présentés par le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à l’issue d’une mission menée en Ituri, épicentre de l’épidémie. Il entrevoit la fin de la maladie d’ici là fin de l’année 2026 avec un message d’espoir pour les populations de l’est et du nord du pays, où une baisse progressive de cas d’alerte et du nombre de cas suspects est observée, mais la vigilance reste de mise.

« Maintenant, c’est le message d’espoir. Nous espérons que d’ici la fin de l’année, cette épidémie sera derrière nous », a déclaré docteur Jean Jacques Muyembe, lors d’une conférence de presse à Bunia, exprimant son optimisme quant à une issue favorable de l’épidémie au regard de l’évolution actuellement observée sur le terrain.

Le suivi des contacts passe de moins de 40 % à  plus de 80 %

À son retour à Kinshasa, lors d’un briefing spécial consacré à l’évolution de la riposte, le directeur général de l’INRB a également relevé diverses améliorations chiffrées dont le taux actuel de suivi des contacts ainsi que différents indicateurs de surveillance de l’épidémie.

« Les listages exhaustifs des contacts sont là et le suivi des contacts est parti de moins de 40 % à maintenant plus de 80 %. Donc, plus de 80 % des contacts de cas positifs sont réellement suivis pendant 21 jours. En principe, il faut arriver jusqu’à 85-100 % », a-t-il constaté après des descentes effectuées dans différents centres de traitement d’Ebola dans la province de l’Ituri.

Il a également évoqué la diminution du taux de positivité des échantillons prélevés sur des cas suspects qui serait passé d’environ 60 % au début de l’épidémie à 20-25 % actuellement.

Plus de 1700 guérison enregistrés en RDC

Plus de 1700 cas de guérison dus à Ebola ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie jusqu’à la date du 14 septembre 2026 dans six des sept provinces touchées, selon le rapport épidémiologique de l’Institut National de Santé Publique (INSP) consulté par l’ACP.

« Le rapport épidémiologique sur la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo fait état de 7.258 cas confirmés, dont 3.510 cas de décès parmi les cas confirmés, 905 patients en isolement ou en hospitalisation et les indicateurs  épidémiologiques clés rapportent 1.728 cas guéris, avec un taux de létalité globale de 48,4% et 78,6% de taux de suivi des contacts« , indique le document.

Ce nombre croissant de guérisons de la maladie à virus Ebola constitue en soit un immense message d’espoir qui témoigne de la maîtrise et de l’entame de la fin du virus grâce aux avancées scientifiques majeures qui ont été enregistrés dans la dispensation des soins, bien qu’il n’existe actuellement aucun vaccin spécifiquement homologué contre la souche Bundibugyo, comme l’a récemment témoigné un expert en santé publique internationale.

« Du point de vue traitement, des progrès ont été faits pour la souche Zaïre : un médicament existe, des anticorps monoclonaux, et en plus de cela, un vaccin a déjà été mis au point pour protéger les communautés. Par contre, pour la souche Bundibugyo, il n’y a pas encore de vaccin », a indiqué docteur Gabriel Nsakala.

La vaccination amorce une phase décisive pour l’extinction du virus

Lors de sa mission, le virologue Muyembe avait fait l’annonce d’une campagne de vaccination ciblée contre Ebola qui sera prochainement lancée dans la province de l’Ituri, au titre de renforcement de la riposte contre l’épidémie en cours.

« Très prochainement, quand nous aurons reçu beaucoup de doses de ce vaccin, nous allons commencer ici, dans la province d’Ituri. En priorité, c’est le personnel de première ligne. En principe, ce vaccin, c’est une vaccination en ceinture. Donc ceux qui ont été en contact avec des cas positifs, il faut vite les protéger », a-t-il annoncé, avant de préciser que cette stratégie pourrait être élargie lorsque l’identification des contacts s’avère difficile.

« Si nous ne parvenons pas vraiment à déterminer exactement les contacts, nous pouvons faire une vaccination beaucoup plus large, par exemple toute une commune, tout un village », a-t-il ajouté.

Le professeur Muyembe s’est montré optimiste, mais avec prudence.

Si les autorités scientifiques et politiques s’accordent à confirmer que le pic de l’épidémie est désormais dépassé, et que l’épidémie est maitrisée, se basant sur les résultats qui indiquent une diminution de la transmission, le chercheur a cependant appelé au maintien de la vigilance et renforcement du système de surveillance épidémiologique, afin de détecter rapidement toute nouvelle apparition du virus. ACP/

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