Beni, 6 juin 2026 (ACP).- La circulation de nombreuses informations non vérifiées sur la maladie à virus Ebola a été dénoncée à Beni, par le Parlement urbain des jeunes de cette ville du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué parvenu samedi à l’ACP.
«Le Parlement urbain des jeunes de Beni constate la circulation de nombreuses informations sur les réseaux sociaux, dans les groupes WhatsApp et dans certains espaces communautaires», a-t-on lu dans ce communiqué signé par Samuel-Don Katembo, président de cette structure juvénile qui a appelé la population au calme, à la vigilance et à la responsabilité citoyenne.
Tout en rappelant qu’un cas suspect n’est forcément pas un cas confirmé, cette structure citoyenne a également prévenu que toute personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola doit être soumise à des examens médicaux et à des analyses de laboratoire avant toute confirmation.
Aussi, seuls les résultats des laboratoires agréés et les communications officielles des autorités sanitaires peuvent confirmer ou infirmer un cas d’Ebola. La population est appelée à éviter les accusations, les stigmatisations et les conclusions hâtives concernant des personnes des familles ou des structures sanitaires », a-t-on encore soutenu dans le même document du Parlement urbain des jeunes de Beni.
La crainte pour ce Parlement est que la diffusion d’informations non vérifiées sur une structure de santé peut créer une panique inutile au sein de la population, outre décourager les malades de consulter. Cet état de choses peut également nuire à la réputation d’un établissement de santé voire perturber les efforts de la surveillance sanitaire.
Les leaders communautaires, les responsables des associations, les influenceurs, les administrateurs des groupes WhatsApp, les jeunes engagés dans les réseaux sociaux sont ainsi encouragés à vérifier systématiquement toute information auprès des sources officielles avant de la partager.
«Vérifier avant de publier est un acte de citoyenneté et de responsabilité», a conseillé cette structure des jeunes de Beni pour lequel chaque message partagé sans vérification peut semer la peur, provoquer la stigmatisation ou compliquer le travail des équipes médicales.
L’épidémie d’Ebola en cours, dix-septième enregistrée, est de la souche Bundibugyo déclarée le 15 mai par le ministre congolais de la Santé. Selon le directeur de l’INRB et virologue Jean-Jacques Muyembe, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal.
Comme arme principale, en plus du traitement symptomatique, les spécialistes insistent sur le rôle central de l’engagement communautaire qui a « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola. ACP/K/kms

