Mbandaka, 24 février 2026 (ACP). – La position du chef de l’État a été jugée logique et fondée en limitant la participation au dialogue national inclusif, par un professeur ordinaire à Mbandaka, province de l’Équateur, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, dans un entretien mardi avec l’ACP.
« Face à la guerre d’agression que subit la RDC de la part du Rwanda et ses supplétifs, je juge logique et fondée la position du Chef de l’État Félix Tshisekedi qui limite la participation à cette grande messe nationale aux compatriotes ne s’étant pas compromis dans des crimes de sang et excluant ceux dont la justice a engagé des poursuites afin qu’ils répondent de leurs actes », a déclaré le Professeur ordinaire Leddy Bokako Lombe de l’Institut supérieur pédagogique de Mbandaka,(ISP/Mbandaka)
Pour ce professeur des universités, « la République démocratique du Congo ne peut jamais se comporter en pays où règne l’impunité, favorisant l’émergence individuelle par le recours aux armes. J’illustre ses propos en parlant du comportement des membres de la corporation des professeurs qui, bien que non pris en considération depuis belle lurette, puisque mal traités comparativement à leurs collègues sous d’autres cieux, n’ont jamais imaginé un seul instant, par patriotisme, recourir aux armes pour mener une quelconque rébellion contre les institutions établies, ni pour tuer leurs propres frères. Toutes leurs revendications se réalisent par des voies d’expression telles que les marches pacifiques, les sit-in, les négociations et autres, lesquelles constituent des moyens de pression aux dirigeants pour la recherche d’un compromis », a-t-il fait savoir.
D’après ce professeur, parce qu’il s’agit de la recherche de la paix, il conseille que soient prises en compte, pour le dialogue, « toutes figures emblématiques de tout bord, exceptés les gens identifiés pour leur activisme au sein des mouvements armés qui ont endeuillé la République ».
Le dialogue national inclusif devra donc être un cadre idéal où pourront se retrouver nez à nez le gouvernement, la société civile, l’opposition non armée et l’opposition dite armée, sans les compatriotes qui ont tué à l’Est comme au centre du pays.
« Toutefois, puisque ce dialogue a la vocation d’être inclusif, le cas de l’opposition dite armée devra se faire au cas par cas pour exempter ceux qui n’ont pas eu les mains trempées dans les massacres, viols et enlèvements des Congolais. Ainsi, du côté de la société civile, le choix des participants est censé se réaliser sans état d’âme par les organisateurs. J’ insiste sur la représentativité de toutes les couches en privilégiant les hommes et les femmes capables, ayant les capacités de proposer des pistes de solutions qui pourraient mettre fin aux conflits armés dans le pays. Mon plaidoyer concerne en effet la société savante, dont la présence devra être remarquable au regard du rôle qu’elle joue au sein de la société en général », a-t-il précisé
Aussi, le Professeur ordinaire Leddy Bokako Lombe demande que de fermes résolutions relatives à la condamnation du phénomène de recours aux armes par les compatriotes pour la déstabilisation des institutions soient des actes attendus à l’issue de ces pourparlers, en appui aux lois de la République, en vue de responsabiliser les esprits mal intentionnés.
Leddy Bokako Lombe condamne les déclarations de certains politiciens qu’il juge hostiles à la tenue du dialogue : « Je condamne les déclarations de certains politiciens que je juge quelque peu hostiles à la tenue de ce dialogue. Ces dernières traduisent l’égoïsme et la gourmandise de leurs auteurs au détriment de la paix que recherche le Commandant suprême et garant du bon fonctionnement des institutions pour l’intérêt du peuple congolais. La RDC est notre patrimoine commun et j’en appelle à la permanence du dialogue quelle que soit l’ampleur de nos divergences, lequel constitue une valeur cardinale nous léguée par les ancêtres et qui se traduit à travers l’esprit de notre hymne national. »
Notons que le souhait du professeur ordinaire est que ce dialogue se démarque des autres assises précédentes telles que celles de Nairobi, Sun City, voire celle de 2016 de la cité de l’Union africaine en RDC, et que les organisateurs soient exclusivement des confessions religieuses crédibles telles que la CENCO et l’ECC. L’Union africaine et la Communauté économique de la région des Grands Lacs devront donc l’accompagner, en recommandant enfin une participation équitable qui tient compte de la géopolitique pour la réussite de ces assises.
ACP/C.L.

