Mbandaka, 4 juillet 2026 (ACP).- Atelier de sensibilisation sur la loi n° 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones Pygmées a été organisé par l’ONG SPFA vendredi à Mbandaka, Province de l’Équateur dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, a constaté l’ACP.
«Contribuer à la vulgarisation de la loi n° 22/030 du 15 juillet 2022, renforcer les capacités des acteurs clés afin qu’ils jouent pleinement leurs rôles dans sa mise en œuvre effective, vulgariser cette loi auprès des magistrats, des auxiliaires de justice, des autorités locales et coutumières, mettre en place des mécanismes de sa mise en œuvre, identifier les acteurs alliés du projet et recueillir les observations, orientations et suggestions des participants à transmettre au Secrétariat permanent du cadre de concertation de la mise en œuvre de la loi, tels sont les objectifs poursuivis par cet atelier », a déclaré Dédé Molala, chef de programme de l’ONG Solidarité pour la Protection des femmes Autochtones (SPFA) .
Intervenant au cours des travaux, Zachary Nandukaleka, substitut du procureur général faisant fonction de procureur de la République près le parquet de grande instance de Mbandaka, indique que : « La quintessence de mon intervention porte sur les dispositions pénales prévues par cette loi. Son chapitre VII contient des articles contraignants, notamment les articles 53, 54, 56, 57 et suivants, qui prévoient des sanctions contre toute personne qui violerait les droits des peuples autochtones Pygmées. Notre mission est de sensibiliser la population afin que chacun comprenne la portée de cette loi et évite de tomber sous le coup de ses dispositions », a-t-il expliqué.
« C’est un combat qui concerne tout le monde : les magistrats, les officiers de police judiciaire, les auxiliaires de justice ainsi que les peuples autochtones eux-mêmes. Ces derniers doivent être sensibilisés afin de s’émanciper et de mieux s’intégrer dans la société. De notre côté, nous devons changer notre regard sur eux, les considérer comme nos égaux, conformément à la Constitution et aux instruments juridiques internationaux. Ils ne sont pas des sous-hommes, mais des citoyens jouissant des mêmes droits que tous les autres », a-t-il souligné.
Pour sa part, Me Antony Bomboko a développé les dispositions générales de la loi relatives aux droits civils et politiques, aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi qu’aux droits à l’éducation, à la terre et au travail.
Il a rappelé que les peuples autochtones Pygmées étaient autrefois victimes de discrimination et parfois assimilés à des esclaves. Selon lui, cette loi consacre désormais leur égalité devant la loi avec les autres citoyens, notamment les Bantous, en leur garantissant les mêmes droits, la même considération et les mêmes opportunités de développement.
L’orateur a également indiqué que cette loi recommande au Gouvernement, aux niveaux national, provincial et local, de promouvoir l’intégration des peuples autochtones Pygmées dans les instances de prise de décision.
Notons que Dans le cadre du projet Bunto On’obolo Femmes Autochtones Courageuses, organisé du 3 au 4 juillet, cet atelier de deux jours a bénéficié de l’appui financier d’Agir Ensemble pour les Droits Humains (AEDH) et d’Open Society Foundations (OSF) et à connu la participation des magistrats, des avocats, des défenseurs judiciaires, des officiers de police judiciaire (OPJ), des greffiers, des animateurs des entités territoriales décentralisées (ETD), des autorités locales et coutumières, des représentants du secteur privé ainsi que des acteurs des organisations de la société civile.
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