Lubumbashi, 23 mai 2026 (ACP).- Le gouvernement provincial du Haut-Katanga, (dans le sud-est de la République démocratique du Congo), a réaffirmé son engagement en faveur des sages-femmes pour améliorer la santé maternelle et néonatale, lors de la célébration de la journée mondiale des sages-femmes, placée sous le thème : « un million de sage-femme », a constaté samedi l’ACP.
« Trop de nos femmes n’ont toujours pas accès à des soins qualifiés, ce qui maintient des taux de mortalité maternelle inaccessible. En ce jour, notre ministère s’engage à valoriser votre profession. Nous aimerons, avec le conseil de l’ordre, œuvrer pour la réglementation de la pratique sage-femme pour que vos droits soient garantis et votre travail reconnu. Investir dans la formation et le recrutement », a dit le Dr Dominique Kashimbala, représentant le chef de division provinciale de la santé dans son mot de circonstance.
Ce thème n’est pas seulement un chiffre, mais c’est un appel urgent, une nécessité absolue pour garantir que chaque grossesse soit désirée et chaque accouchement sûr, a-t-il renchéri.
Il a invité les sages-femmes à poursuivre leur mission avec la même passion et professionnalisme, que le gouvernement provincial reste à leur côté, car investir dans les sages-femmes, c’est investir dans l’avenir de notre province.
« Aujourd’hui, c’est pas seulement un jour de fête, c’est un jour pour rappeler à nos décideurs, à nos communautés et à nous-mêmes que sans sage-femme, il n’y a pas de naissance sécurisée. C’est un jour pour réaffirmer notre réengagement à vous soutenir, à vous former et à vous donner les moyens de travailler dans la dignité », a déclaré Générose Mwambu, présidente de la société congolaise de pratique sage-femme au niveau du Katanga (SCOSAF), dans son mot d’accueil.
Elle a rendu un vibrant hommage à toutes les sages-femmes et les a appelées à être fières de leur blouse, de leur mission. « Vous ne sauvez pas que de vie. Vous bâtissez l’avenir de notre nation. Au nom du comité organisateur, je vous remercie d’avoir répondu présentes. Que cette journée soit riche en échange et en reconnaissance et aussi en espoir », a-t-elle souhaité.
De son côté, Augustin Seydou, le chargé de l’approvisionnement de l’UNFPA dans le Katanga, a lancé un plaidoyer à l’endroit des chefs de division pour renforcer le rôle crucial de ces professionnelles de santé à travers trois leviers essentiels à savoir: l’investissement, l’innovation et la protection.
Il a souligné la nécessité d’assurer une rémunération équitable ainsi que des perspectives de carrière motivantes, de faciliter l’accès aux technologies et aux outils modernes de diagnostic, et de garantir des conditions de travail sécurisées permettant aux sages-femmes d’exercer leur métier avec dignité.
Le SYNASAFCO plaide pour plus d’investissements et de reconnaissance professionnelle
Le Syndicat national des sages-femmes (Sinasafco), section du Katanga, a dans une allocution prononcée à Lubumbashi, plaidé pour plus d’investissements et de reconnaissance professionnelle et a appelé à des actions urgentes pour améliorer leurs conditions de travail. Ce, avant de saluer « les héroïnes du quotidien » qui, malgré des conditions souvent précaires marquées par le manque d’électricité et d’équipements adéquats, continuent d’assurer des accouchements et de sauver des vies de mères et de nouveau-nés.
« La thématique mondiale de 2026, axée sur « un million de sages-femmes supplémentaires », constitue un appel pressant face au déficit estimé à près de 900.000 professionnelles à travers le monde. En République démocratique du Congo, le manque des sages-femmes reste préoccupant et éloigné des normes internationales, compromettant ainsi les efforts vers la couverture sanitaire universelle », a souligné Safi Ngamia, secrétaire exécutif provincial du Syndicat national des sages-femmes (Synasafco).
« L’augmentation du nombre de sages-femmes permettrait de réduire significativement les décès maternels et néonatals, tout en renforçant un système de santé plus équitable et plus humain », a-t-elle rappelé.
À cet effet, plusieurs recommandations ont été formulées aux autorités politico-administratives et sanitaires, notamment la formation accrue avec des bourses pour les jeunes filles, le recrutement effectif pour mettre fin au bénévolat prolongé, ainsi que l’amélioration des salaires et des conditions de travail, incluant des primes de risque et une couverture santé.
Le Synasafco a également insisté sur la nécessité de lutter contre les violences obstétricales et de promouvoir le respect de la profession. Il a enfin souligné que la réussite de la politique de gratuité de la maternité dépend fortement de la disponibilité et de la valorisation des sages-femmes, appelant à des actions concrètes au-delà des discours, a conclu Safi Ngamia secrétaire exécutif provincial du Syndicat national des sages-femmes (Synasafco). ACP/

