Haut-Katanga : plaidoyer pour la souveraineté scientifique sur le central African Copperbelt

M. François Ngoie Bwanga, géologue, expert en exploration et valorisation des ressources minérales

Lubumbashi, 21 septembre 2026 (ACP).- Un plaidoyer pour le renforcement de la maîtrise nationale des données géologiques du Central African Copperbelt, a été mené, vendredi à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, par un expert géologue, afin de soutenir une exploration minière mieux fondée scientifiquement, lors d’un entretien avec l’ACP.

« Nous devons maîtriser les données géologiques de notre sous-sol, surtout celles du Copperbelt de l’Afrique centrale, car cette maîtrise constitue une base essentielle pour orienter l’exploration et le développement de notre industrie minière », a déclaré M. François Ngoie Bwanga, géologue, expert en exploration et valorisation des ressources minérales.

Selon lui, la maîtrise des données géologiques locales doit constituer une priorité dans la formation des jeunes géologues congolais, particulièrement dans la saisie, la vérification et l’interprétation des données recueillies sur le terrain. Une donnée mal collectée, a-t-il relevé, compromet la fiabilité des traitements ultérieurs et, par conséquent, des études de faisabilité.

« La géologie est différente des autres sciences techniques : même un expert venu de l’extérieur doit d’abord comprendre la géologie locale, car les connaissances liées au sous-sol d’un pays ne peuvent pas être simplement transférées d’un territoire à un autre », a-t-il souligné.

Intertitre : Innovation dans l’exploration de l’Arc cuprifère congolais

« La recherche des gisements dans les formations glaciogéniques constitue une innovation majeure dans la connaissance de l’Arc cuprifère congolais, notamment avec Lonshi, Frontier, Kamoa et Kipushi », a déclaré M. François Ngoie, géologue.

Selon lui, cette innovation découle de la maîtrise progressive des données géologiques de la série des mines et de leur comparaison avec les formations observées aux deux extrémités de l’Arc cuprifère, de Kolwezi-Kamoa, au nord-ouest, jusqu’à Lonshi et Frontier, au sud-est. Cette approche a permis d’identifier des similitudes géologiques jusque-là sous-estimées dans des formations considérées auparavant comme stériles.

« Il a fallu convaincre des scientifiques étrangers, notamment des spécialistes de l’École des mines du Colorado, ainsi que des géologues canadiens et anglais, en leur présentant les observations de terrain et les échantillons de roches démontrant que ces gisements appartiennent au même ensemble géologique que le Copperbelt congolais », a expliqué M. François Ngoie.

Pour un cadre scientifique national de référence

M. Ngoie Bwanga a également plaidé pour la mise en place d’un cadre scientifique national permettant aux chercheurs, enseignants, géologues de terrain et professionnels de l’industrie minière de confronter leurs données et leurs interprétations sur les systèmes géologiques du Katanga.

Il propose notamment l’implication du Service géologique national du Congo, en collaboration avec les universités et les ministères concernés, dans l’organisation régulière d’un forum scientifique national consacré au Copperbelt de l’Afrique centrale, à son évolution et aux nouvelles connaissances relatives à ses ressources minérales.

« Nous devons d’abord être capables de valider nous-mêmes nos propres données et nos propres interprétations scientifiques avant leur diffusion à l’international. C’est une question de souveraineté scientifique, mais aussi de rigueur », a fait savoir M. François Ngoie Bwanga.

L’expert recommande, dans cette perspective, la création d’une revue scientifique nationale consacrée notamment à la géologie et à la recherche minière du Katanga. Les nouvelles données et interprétations importantes pourraient ainsi être soumises à une communauté scientifique nationale avant leur publication et leur diffusion à l’extérieur.

Le Central African Copperbelt, qui s’étend notamment dans le sud-est de la République démocratique du Congo et en Zambie, constitue une importante province métallogénique de l’Afrique centrale, connue notamment pour ses ressources en cuivre et en cobalt. M. François Ngoie Bwanga, fort de son expérience professionnelle dans le secteur minier et de son passage dans l’enseignement universitaire, estime que le renforcement de la formation pratique et de la recherche appliquée peut contribuer à une meilleure valorisation des ressources minérales nationales.

ACP/Wel./Sha./CM

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