Bunia, 11 avril 2026 (ACP). – Une augmentation de 60 % des cas de fièvre typhoïde et d’autres maladies hydriques est signalée dans les quartiers riverains de la prison centrale de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri (Nord-est de la République démocratique du Congo), selon une enquête de l’ONG Forum des engagés pour le développement durable (FORED) parvenue vendredi à l’ACP.
« Environ 70 % des ménages interrogés affirment avoir constaté une hausse des maladies, notamment la typhoïde (60 %), la diarrhée (55 %), le paludisme (50 %) et les maladies de peau (25 %). Parmi eux, 65 % établissent un lien direct entre ces pathologies et l’exposition aux eaux usées provenant de la maison carcérale » précise la source.
L’enquête réalisée auprès de vingt répondant vivant à proximité de la prison centrale[quartier Bankoko] met en évidence une crise sanitaire préoccupante liée à l’écoulement d’eaux usées non traitées, exposant quotidiennement les populations à des risques élevés de contamination.
Selon FORED, « ces données traduisent une dégradation notable de la santé publique dans les zones affectées, où les habitants sont exposés quotidiennement à des eaux contaminées », ajoutant que 60 % des répondants confirment la régularité quotidienne de ces écoulements.
Par ailleurs, la source fait savoir que 50 % des enfants jouent à proximité de ces eaux polluées, une situation jugée alarmante par les enquêteurs, qui soulignent une vulnérabilité accrue des plus jeunes dans un contexte d’insuffisance des infrastructures d’assainissement.
Une pollution visible et persistante
Les caractéristiques des eaux usées accentuent davantage les risques sanitaires. 95 % des habitants les décrivent comme malodorantes, 80 % comme sombres, tandis que 60 % évoquent la présence de matières fécales, révélant une contamination avancée et un manque total de traitement adéquat.
Cette exposition prolongée pourrait entraîner des conséquences sanitaires à long terme, notamment l’affaiblissement du système immunitaire et la recrudescence des infections, compromettant durablement la santé des populations concernées.
APPEL A DE MESURES URGENTES
Face à cette situation, FORED recommande au gouvernement provincial de l’Ituri de doter la prison centrale de Bunia d’un camion de vidange des fosses septiques, de mettre en place un système moderne de traitement des eaux usées et de diligenter une inspection sanitaire urgente.
L’organisation plaide également pour l’indemnisation des populations affectées par cette pollution persistante depuis plus de deux ans, ainsi que pour le soutien aux initiatives locales de transformation des déchets en biogaz au bénéfice de la prison et des communautés environnantes.
À l’administration pénitentiaire, FORED appelle à une meilleure gestion des déchets liquides, tout en exhortant les partenaires techniques et financiers à appuyer les projets d’assainissement et à financer des actions de santé communautaire.
POUR LA MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
La société civile est invitée à intensifier le plaidoyer, à organiser des campagnes de sensibilisation et à accompagner les communautés dans des actions collectives pour faire face à cette crise sanitaire.
FORED annonce par ailleurs ses perspectives, notamment l’élaboration d’une note politique nationale, la saisine des autorités provinciales et nationales, ainsi que la mobilisation des médias et partenaires internationaux pour documenter les violations des droits environnementaux.
Cette enquête met en évidence une urgence environnementale nécessitant une action immédiate. FORED appelle ainsi à une mobilisation collective pour restaurer la dignité et garantir la sécurité sanitaire des populations de Bunia.
Cette situation traduit une crise sanitaire silencieuse qui appelle des mesures urgentes afin de protéger les populations, en particulier les plus vulnérables, et prévenir une aggravation des risques sanitaires.
ACP/C.L.

