Ituri : dénonciation de l’enrôlement des déplacés comme « chair à canon » par une milice

Bunia, 11 janvier 2026(ACP).-L’utilisation de jeunes déplacés internes comme « chair à canon » par la milice Convention pour la révolution populaire (CRP) en territoire de Djugu en l’Ituri, nord-est de la République Démocratique du Congo, a été dénoncée dimanche par le responsable du Conseil provincial de la jeunesse, lors d’un entretien avec l’ACP.

« La milice CRP est en train de livrer et d’exposer la jeunesse à une rébellion sans cause valable. Aujourd’hui, elle instrumentalise des déplacés internes, des jeunes sans protection ni perspectives, pour en faire de véritables chairs à canon », s’est insurgé le président du conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri Deogratias Bungamuzi dans un ton plein de gravité et selon qui, cela constitue une violation flagrante de droit international humanitaire.

Il a signifié que « la jeunesse ne doit ni servir de carburant à la guerre, ni payer le prix des ambitions égoïstes » appelant les jeunes actuellement engagés dans la CRP à se désolidariser immédiatement de cette milice.

« Notre avenir n’est ni dans la rébellion, ni dans la violence armée. L’Ituri n’a jamais déjà été sauvé par une rébellion. Aucune nouvelle rébellion ne sauvera cette province aujourd’hui », a-t-il insisté.

Deogratias Bungamuzi a, par ailleurs, exhorté ses pairs à rentrer dans leurs communautés et à soutenir pleinement les efforts des autorités militaires et sécuritaires de la province, engagées dans la stabilisation durable de leur province fragilisée par de nombreux conflits avec de conséquences fâcheuses sur le tissu économique et social.

« Nous appelons la jeunesse à soutenir à 100 % l’action des autorités militaires. Ensemble, nous devons consolider la paix et accompagner les efforts de développement d’une province qui a déjà amorcé et atteint son émergence », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que cette milice est entretenue par des influences extérieures aux ambitions politiques et économiques cachées, dont certaines figures tristement célèbres de l’histoire récente de l’Ituri.

« L’influence de Thomas Lubanga est perceptible dans cette manipulation. C’est une reproduction des erreurs du passé que notre province ne peut plus se permettre », a-t-il martelé.

Par ailleurs Deogratias Bungamuzi a fait savoir que l’Ituri n’est plus dans une phase expérimentale de relance, mais dans une dynamique irréversible de stabilisation et de développement.

« Nous avons atteint le sommet. Aujourd’hui, nous avançons vers une croisière rassurante. La place de la jeunesse est dans la construction, pas dans la destruction », a-t-il conclu. ACP/C.L. 

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