Ituri : le patriotisme face aux enjeux de l’heure, objet d’une conférence-débat

Bunia, 20 août 2025 (ACP).- « Le patriotisme face aux enjeux de l’heure et l’apport de l’armée dans la pacification et le développement » est le thème qui a fait l’objet d’une conférence-débat à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a constaté mercredi l’ACP.

« Je suis très honoré de m’adresser à vous aujourd’hui, dans le cadre de cette conférence-débat qui explore un sujet essentiel ‘‘Le patriotisme face aux enjeux de l’heure et l’apport de l’armée dans la pacification et le développement” », a déclaré le président provincial du parlement des jeunes, Gloire Abasi.

Il a ensuite précisé que cette conférence-débat a pour objectif principal de sensibiliser les jeunes Ituriens aux enjeux de l’heure, de renforcer leur sentiment patriotique et de les encourager à jouer un rôle actif dans la pacification et le développement de la province de l’Ituri.

En outre, il a fait savoir que cette conférence sera l’occasion de passer en revue la situation sécuritaire, d’évaluer les efforts déployés par l’armée depuis fin 2017 jusqu’à présent, et de réaffirmer le sens du patriotisme ainsi que l’engagement de chacun pour la pacification de l’Ituri, avant d’insister sur le fait que ces discussions sont d’autant plus cruciales que la jeunesse iturienne continue de subir les conséquences dévastatrices de la guerre, de la manipulation, de l’instrumentalisation et du communautarisme.

Il a également lancé un appel aux jeunes de l’Ituri, et de Bunia en particulier, pour qu’ils deviennent les porteurs d’espoir d’un Ituri nouveau et prospère, bâti sur une paix durable, soulignant que cela passerait par leur prise de conscience collective et leur sens élevé de la citoyenneté.

Pour Gloire Abasi : « le patriotique signifie le  refus du communautarisme, les appartenances tribales ou ethniques, l’instrumentalisation, la manipulation et l’adhésion aux groupes rebelles, tout comme l’espionnage. C’est au contraire soutenir la démobilisation et dénoncer les mouvements suspects. C’est aussi dire oui aux institutions publiques, à l’armée et à la police Nationale Congolaise, et surtout, oui à la paix, à la cohésion sociale, à la cohabitation pacifique, au pardon et à la solidarité ».

A cette occasion, il a rendu un vibrant hommage au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour avoir fait de la paix son cheval de bataille sur l’ensemble du territoire national depuis  l’agression rwandaise sous le label du M23 d’une part, et d’autre part, face à l’activisme des groupes armés qui se livrent au pillage, aux incendies et aux violences contre les femmes et les filles, ignorant, a-t-il dit, que « le Congo est notre patrimoine commun ».

Pour sa part, le gouverneur policier intérimaire de la province de l’Ituri, le commissaire divisionnaire principal Raüs Chalwe, a précisé, lors de la cérémonie, que le patriotisme, bien qu’un idéal lointain, est avant tout un acte vivant, incarné par une jeunesse qui s’élève, s’engage et refuse de céder à la peur ou à l’activisme.

Il a précisé qu’il ne s’adresse pas seulement à une assemblée, mais à des cœurs meurtris et des esprits aspirant à la paix, surtout  à la jeunesse qui a tant enduré, qui se sent perdue, mais qui nourrit un espoir immense en la paix pour l’Ituri qui refuse de plier  malgré les crépitements des balles.

Le commissaire divisionnaire Raus Chalwe a également affirmé que « le patriotisme est une nécessité, non un luxe car il nous pousse à nous lever, nous incite à surmonter les chutes et nous unit face aux divisions. Chacun et chacune est le gardien de cette terre, héritier de son histoire et bâtisseur de son avenir ».

Et de s’interroger : « comment croire en la nation quand les villages sont réduits en cendres? Les familles contraintes à la fuite et les jeunes enrôlés de force, manipulés par des discours de haine? (…) c’est précisément pour ces jeunes, victimes de ces atrocités, que nous sommes ici, l’Ituri ne mourra pas ».

Il  a encouragé la jeunesse iturienne à dire non à la violence et oui à la paix, avant d’ inviter celle-ci à transformer ses blessures en force, et les ruines en fondations pour qu’elle devienne l’artisan du développement post-conflit, initiateur de projets civiques, économiques et sociaux et vecteur de reconstruction de l’image de renouveau car, a-t-il souligné, « l’Ituri ne se révélera pas sans elle[Jeunesse], mais grâce avec son engagement».

Plus de 200 jeunes issus de diverses organisations ont participé à cette conférence-débat, renseigne-t-on.

 ACP/UKB

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