Bunia, 05 juillet 2026 (ACP). – Les femmes constituent un maillon stratégique dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en raison de leur proximité avec les familles et de leur capacité à diffuser les messages de prévention au sein des communautés, a affirmé à l’ACP, dimanche, l’une des responsables du Collectif des femmes de l’Ituri, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC).
« Les femmes sont toujours proches de leurs maris, de leurs enfants et de toute la famille. Lorsqu’une personne tombe malade, ce sont souvent elles qui assurent les soins. Si elles maîtrisent les mesures de prévention, elles peuvent protéger leurs familles et empêcher la propagation de la maladie », a déclaré Mme Marthe Dheve Dhessi, première vice-présidente du Collectif des femmes de l’Ituri.
Elle a souligné que les femmes disposent également d’une importante capacité de mobilisation sociale grâce à leur présence permanente dans les foyers, les marchés, les églises et les différentes organisations communautaires.
« Les femmes sont des éducatrices naturelles. Lorsqu’elles comprennent un message, elles savent le transmettre efficacement à leur entourage. C’est pourquoi leur implication est indispensable dans la sensibilisation contre Ebola », a-t-elle insisté.
Abordant les défis liés à la riposte, Mme Dhessi a estimé que, malgré les efforts de sensibilisation entrepris par les autorités sanitaires et leurs partenaires, le niveau de compréhension de la maladie demeure insuffisant dans plusieurs communautés.
« Les efforts sont en train d’être faits pour communiquer aux communautés sur les risques et les amener à s’engager dans la lutte contre Ebola. Mais nous pensons qu’il y a encore beaucoup à faire, car les récents incidents observés dans certaines structures sanitaires montrent que la population n’est pas encore suffisamment informée », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette insuffisance d’information favorise les résistances communautaires, lesquelles trouvent principalement leur origine dans l’ignorance et certaines croyances culturelles qui alimentent les rumeurs et la désinformation.
« Lorsque les populations ne connaissent ni les modes de transmission ni les mesures de prévention, elles deviennent facilement victimes de la désinformation. C’est cette ignorance qui explique plusieurs comportements à risque observés dans les communautés », a-t-elle expliqué.
Plaidant pour un renforcement de l’implication des organisations féminines dans les activités de communication sur les risques, elle a estimé qu’un meilleur accès à l’information permettra aux femmes de jouer pleinement leur rôle dans la rupture de la chaîne de transmission du virus.
« Les femmes sont présentes partout : dans les familles, dans les centres de santé, dans les marchés et dans les églises. Si elles sont suffisamment informées et mobilisées, elles peuvent contribuer efficacement à briser la chaîne de transmission d’Ebola et à renforcer l’adhésion des communautés aux mesures de prévention », a-t-elle conclu. ACP/MC

