Mongbwalu, 07 janvier 2026 (ACP). – La Police de protection des enfants et de prévention des violences sexuelles (PPEPVS) a annulé à Mongbwalu, entité située à 85km de Bunia, chef-lieu de l’Ituri ( nord-est de la République Démocratique du Congo la vente illégale d’une maison et d’une parcelle appartenant à un enfant orphelin de dix(10) ans vivant avec un handicap physique, a annoncé mercredi à l’ACP un officier de la police judiciaire lors d’un entretien.
« Aucun enfant ne peut être privé de son héritage, même après le décès de ses parents », a déclaré l’officier de police judiciaire (OPJ) Michel Lifenge, commandant de la PPEPVS dans la commune de Mongbwalu, à l’issue d’une plainte déposée par la victime.
Selon cet officier, « l’enfant, orphelin de père et de mère, s’est présenté à son office accompagné de deux(2) autres mineurs âgés de 9 et 13 ans pour dénoncer une tentative de spoliation de ses biens par sa tante maternelle ».
L’OPJ Michel Lifenge a salué à sa juste valeur un acte audacieux de cet enfant qui a marqué toute sa carrière.
« Pour la toute première fois depuis que je suis en service, j’ai reçu un enfant de dix(10) ans vivant avec un handicap physique, venu porter plainte contre sa tante maternelle qui voulait vendre la maison et la parcelle que ses parents lui avaient laissées comme héritage », a-t-il fait savoir.
Après réception de la plainte a signifié
l’Opj Michel Lifenge « les services de la police se sont immédiatement rendus au quartier « Dépôt », dans la partie nord de cette agglomération minière , où se trouve la parcelle concernée. Sur place, les policiers ont trouvé la tante maternelle de l’enfant, son oncle ainsi que son grand-père maternel, tous présents pour procéder à la vente du bien ».
La vérification des faits, effectuée en présence du chef de quartier, a permis d’établir qu’aucune base légale ne justifiait la privation de cet enfant de son héritage, d’autant plus qu’il se trouve en situation de grande vulnérabilité en raison de son handicap. La vente a été immédiatement annulée et le dossier est actuellement en cours d’instruction.
L’OPJ Michel Lifenge a dénoncé une pratique récurrente dans la région, où de nombreux enfants sont dépossédés de leurs biens après le décès de leurs parents. Il a rappelé les dispositions de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, notamment en son article 166, qui prévoit une peine de 5 à 10 ans de servitude pénale principale et une amende de 200 000 à 500 000 francs congolais contre toute personne qui vend ou met en gage un bien appartenant sciemment à un enfant.
La police a ainsi invité tous les enfants victimes de spoliation de leur héritage, notamment des maisons et des parcelles, à saisir les services compétents de la protection de l’enfant afin d’être rétablis dans leurs droits. Elle a également appelé les membres des familles des parents décédés à faire preuve de responsabilité, en mettant au premier plan la protection, l’éducation et l’intérêt supérieur de l’enfant, plutôt que la recherche de gains matériels. ACP/UKB

