Bunia, 16 octobre 2026 (ACP).- La concentration des ressources humanitaires sur la riposte contre Ebola fragilise la prise en charge des personnes déplacées en Ituri, une province du Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC) qui abrite plus d’un million de déracinés, a alerté vendredi auprès de l’ACP le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF).
« Le focus quasi exclusif des acteurs de la riposte et de leurs bailleurs sur l’épidémie invisibilise la crise humanitaire des personnes déplacées », a déclaré Pierre Boulet-Desbareau, chef de mission de MSF dans la province.
Il a indiqué que son organisation doit, depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola intervenue il y a cinq mois, maintenir simultanément ses interventions d’urgence en faveur des déplacés et la prise en charge des malades atteints du virus.
M. Boulet-Desbareau a précisé que cette double urgence intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées, notamment dans le territoire de Djugu. L’intensification des affrontements y provoque de nouveaux déplacements de populations déjà fragilisées par des fuites à répétition.
À cette occasion, il a déploré le manque d’appui significatif des autres acteurs humanitaires envers les personnes déplacées, leurs ressources étant principalement orientées vers la lutte contre Ebola.
« Cette situation à forte intensité épidémiologique est une crise dans la crise qui existait avant celle d’Ebola », a-t-il souligné.
Face à cette situation, il a assuré que son organisation poursuit ses activités sanitaires auprès des communautés touchées, tout en répondant aux besoins urgents des populations déplacées, particulièrement vulnérables.
Il a enfin estimé que la réponse humanitaire globale devrait impérativement intégrer les conséquences des conflits armés et des mouvements de population, qui continuent de compliquer les interventions sanitaires dans plusieurs zones de l’Ituri.
ACP/M N

