Katoto(Djugu), 24 décembre 2025 (ACP).- Une salle polyvalente a été construite à Katoto, territoire de Djugu, en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, sur financement du Fonds au profit de victimes(FPV) de la Cour pénale internationale(CPI), a appris mardi l’ACP de source administrative.
« Chers invités, cette salle doit être un espace de dialogue. Un outil de renforcement communautaire qui va permettre à tout le monde d’avoir les idées et les initiatives, de partager des expériences, de participer pleinement au développement. Le développement c’est une affaire de nous tous pas seulement de chefs ou organisations non gouvernementales », a plaidé la conseillère du gouverneur militaire en charge des actions humanitaires, Jeanne Alasha, lors de son allocution.
« Permettez-moi de remercier le Fonds au profit de victimes(FPV) et la cour pénale internationale pour avoir financé cette œuvre et son appui aux victimes. Nous saluons également le travail de la société civile locale, les associations de victimes, de femmes qui se sont mobilisées pour la matérialisation de leur besoin réel de construction de cette salle polyvalente qui est signe de retour de la paix », a-t-elle ajouté.
Concernant le contexte de la construction de cet ouvrage, Dr Jeanne Alasha a rappelé que « Les victimes de violences qui ont été commises par Thomas Lubanga et Bosco Ntaganda dont les actes ont été reconnus et condamnés par la Cour pénale internationale portent encore aujourd’hui de séquelles physiques, psychologiques, sociales, économiques des évènements tragiques entre 2002 et 2003 ».
Réparation collective symbolique en faveur des victimes
En outre, le chef d’antenne de l’Observatoire de droit de l’homme(ODH) Nathanaël Muzi a fait savoir que la construction de cet ouvrage qui est le choix de la communauté locale s’inscrit dans le cadre de réparation collective symbolique concernant l’affaire procureur contre Thomas Lubanga et procureur contre Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale, ajoutant que cette salle symbolise la paix, la pacification, la réconciliation entre les communautés et la reconnaissance de souffrances endurées par les victimes.
Retour de la paix après 8 ans de souffrance
Par ailleurs, le chef de la chefferie de Bahema Nord, Willy Pilo Molindro, a affirmé que la construction de cet ouvrage marque le retour de la paix après 8 ans de souffrances de violences liées aux conflits armés dans cette région.
« Cette salle symbolise la paix. Il y a le retour de la paix nous sommes en collaboration avec d’autres entités notamment secteurs de walendu Tatsi, secteur de walendu Pitsi, Djatsi tout le monde passe par ici. Les routes sont désormais rouvertes, les marchés sont fréquentés par toutes les communautés. Nous ne voulons pas la guerre nous voulons la paix pas autres choses à part la collaboration entre les filles et fils du territoire de Djugu pour construire notre entité », a-t-il lancé.
Enfin, Willy Pilo Molindro a insisté sur le fait que le présent ouvrage n’appartient à aucune communauté, mais à tout le monde pour renforcer davantage la cohabitation pacifique, socle d’une paix durable.
C’est la quatrième salle polyvalente dont les travaux sont financés par le FPV de la CPI après celle de Rwampara, périphérie de Bunia, Mahagi et Tchomia, rappelle-t-on. ACP/UKB

