Mbuji-Mayi, 5 octobre 2026 (ACP). – Le développement de l’espace Grand Kasaï a fait objet des réflexions depuis lundi à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo, lors du lancement d’une conférence scientifique de trois jours.
« Il ne s’agit pas simplement de tenir une conférence supplémentaire, mais de faire passer notre espace d’une réflexion commune à un véritable plan de développement intégré et durable. Nous devons avoir le courage de regarder notre réalité en face. Le Grand Kassaï dispose d’un territoire immense, de ressources naturelles, de réseaux hydrographiques importants, d’un potentiel énergétique considérable, de terres agricoles, de forêts, d’une jeunesse nombreuse et surtout d’un capital humain capable d’inventer son avenir. Et pourtant, à côté de ces potentialités, persistent des profondes fragilités. Voilà le paradoxe que notre conférence doit contribuer à dépasser », a déclaré Mgr Emmanuel Bernard Kasanda, évêque du diocèse de Mbuji-Mayi et initiateur de la conférence.
« Une région riche de potentialités ne doit pas accepter que ses populations demeurent pauvres en perspective. Notre véritable défi n’est donc pas seulement de connaître nos problèmes, nous les connaissons déjà largement. Notre défi aujourd’hui, il est désormais de transformer nos potentialités en projets, nos projets en investissements, nos investissements en emplois et nos emplois en amélioration durable des conditions de vie de nos populations », a-t-il ajouté.
Pour le prélat catholique, ces assises permettent de préparer ensemble, l’avenir du Grand Kasaï à l’horizon 2050, de transformer les potentialités en projets jusqu’ à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Le recteur de l’Université officielle de Mbuji-Mayi, l’abbé Apollinaire Cibaka, l’un des intervenants de la première journée, a exposé sur les quelques repères éthiques pour passer de la culture du vol à la culture du travail.
« Le grand problème que nous avons dans notre environnement, est que nous avons une société où la plupart des personnes sont des voleurs. L’impression que nous avons est que depuis le bas âge, on apprend aux gens d’avoir peur des sorciers, des féticheurs que des biens d’autrui. Alors que l’on devrait avoir peur de voler, prendre la chose qui appartient à autrui », a-t-il fait savoir.
Il a énuméré différents lieux à la base du vol d’après ses recherches, avant de proposer quelques pistes de solutions.
« Il s’agit notamment la politique, les églises, les organisations sans but lucratif, la société civile et la presse (…) Comme solution, je propose l’encadrement de la famille, l’école, la régularisation du système religieux (…) comme l’un des facteurs à la base du déclenchement du développement », a-t-il souligné.
L’atelier réunit les autorités politico-administratives, académiques et scientifiques des cinq provinces du Grand Kasaï (Kasaï Oriental, Lomami, Sankuru, Kasaï Central et Kasaï).
ACP/NG./B.

