Mbuji-Mayi, 12 mai 2026 (ACP).- Un sociologue a découragé la pratique des jeux du hasard, en l’absence d’une planification, lors d’un entretien avec l’ACP mardi à Mbuji- Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, au centre de la République démocratique du Congo.
«Le jeu du hasard, vous l’appelez le hasard, et on n’a jamais bâti une vie, une nation sur le hasard. Tout est calculé, prévu et planifié. Donc, l’absence de planification, c’est déjà un gage pour le sous-développement. Maintenant, miser sur le jeu du hasard et espérer gagner quelque chose, c’est rêver les yeux ouverts. Il faut décourager, même si ça donne l’argent, l’argent tente, mais un savant ne se laisse pas emporter par ce qui tente. Il doit s’imposer même si ça fait de la peine», a dit le professeur Valérie Kabiena, docteur en sociologie à l’Université officielle de Mbuji-Mayi.
«Qu’est-ce qu’il faudrait, comme nous sommes dans un monde où la confusion et l’anormalité sont là? Bon, laissez ceux-là qui font les jeux du hasard, quand ils auront perdu leur argent, ils vont s’arrêter un jour. Mais aux gens lucides, on décourage les jeux du hasard, il faut travailler. Travailler, ça fait mal, mais ça éduque», a-t-il ajouté.
Dans le même contexte, le professeur Kabiena a épinglé les méfaits de ces pratiques sur le plan spirituel et même scientifique.
«Et d’ailleurs, nous entrons dans la spiritualité. C’est vous qui appelez cela jeux du hasard, on a fait que prendre tous les contributeurs, on mise sur deux qui doivent gagner contre la multitude qui va échouer. Donc, c’est l’argent de ceux qui ont échoué, donc c’est de l’argent maudit», a fait remarquer le sociologue lors de cet échange.
«Sur le plan scientifique, il y a un principe de l’économie du développement qui dit : le sous-développement est beaucoup plus favorisé par les services. Pour combattre le sous-développement, il faut investir dans le premier secteur, c’est-à-dire l’extraction et la transformation. Les jeux du hasard, c’est le service, trop de hasard, trop de musique, c’est le sous-développement. Un étudiant n’étudie pas pour être un sous-développeur, il doit étudier pour créer, et on ne crée pas pour le hasard», a encore soutenu le professeur Kabiena.
ACP/ODM

