Kinshasa: « l’éradication du banditisme nécessite la solution aux problèmes sociaux à son origine » (commandant de Police)


Kinshasa, 04 février 2024 (ACP).- L’éradication du banditisme urbain communément appelé « Kuluna » dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, nécessite la solution aux problèmes sociaux à l’origine de sa persistance, a affirmé  dimanche le commissaire provincial de la police sur les ondes d’une radio.

« Le kuluna (banditisme Urbain) est un phénomène social qui existe depuis longtemps. Son éradication nécessite la solution aux problèmes sociaux qui sont à l’origine de sa persistance. Tant que ces problèmes d’ordre sociaux ne seront pas réglés, il est difficile d’éradiquer ce banditisme urbain.
Mais la police ne baisse pas les bras. Elle continue ses opérations de traque de ces kuluna afin de leur faire subir la rigueur de la loi »
, a déclaré Blaise Kilimbalimba, commissaire provincial de la police nationale ville de Kinshasa.

 Répondant à la question sur le transfert de ces inciviques au centre de formation de Kanyama Kasese, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo, il a affirmé que cette mesure prise par les autorités du pays n’est qu’une solution parmi tant d’autres dans la lutte contre la criminalité à Kinshasa.

« Ce processus continue. Sauf qu’il y a une programmation. Kanyama Kasese est un centre où il y a des instructeurs et tous le nécessaires parce que c’est d’abord un centre agro-pastoral. Donc pour y envoyer un autre groupe de Kuluna il faut réunir tout ce qu’il faut pour les accueillir et les encadrer. Une fois qu’ils sont envoyés là-bas, ils bénéficient des formations pour leur réinsertion sociale », a-t-il fait savoir.

  Et d’ajouter : « Il ne faut pas parler de  Kuluna avec légèreté. C’est un phénomène qui fait partie des grands maux pour lesquels nous il nous faut de grands remèdes.  Il y a des infractions que ces gens commettent. Ce n’est rien d’autre que le terrorisme urbain. Voilà pourquoi nous les transférons à l’auditorat militaire pour qu’ils puissent subir la loi de la justice militaire », a dit le commandant de la police ville de Kinshasa.

Et de poursuivre: « Nous voulons mettre fin à cette pratique où les kuluna arrêtés sont relâchés après un temps et reviennent à la cité pour se venger contre les victimes qui les avaient traduits en justice. Aujourd’hui quand on vous arrête comme kuluna, c’est la juridiction compétente qui va s’occuper de votre cas. Et vous serez dans la contrainte de purger la peine retenue contre vous ».

Nécessité de recruter des nouvelles unités de la police pour augmenter les effectifs

Le commissaire divisionnaire adjoint Kilimbalimba a également évoqué l’insuffisance des effectifs des éléments de la police dans les sous commissariats. Selon lui, c’est une des causes de l’inefficacité opérationnelle des forces de l’ordre face à ce phénomène.  D’où la nécessité de recrutement des nouveaux éléments conformément à la réforme engagée par les autorités dans le but de combler ce vide.

« Les sous commissariats ont été créés dans le but de lutter contre la criminalité et de réduire le temps d’intervention. Au total 37 policiers pour un sous commissariat. Avec la réforme, Il y a beaucoup de policiers qui ont été envoyés à la retraite. Ce qui a entraîné la diminution des effectifs. Il y a donc nécessité de revoir à la hausse ces effectifs pour répondre au besoin de la lutte contre la criminalité », a-t-il poursuivi.


La plupart des cas de kidnapping rapportés relèvent beaucoup des rumeurs

Blaise Kilimbalimba a par ailleurs évoqué la question relative au kidnapping, un autre phénomène devenu monnaie courante dans la capitale congolaise. A l’en croire, plusieurs cas rapportés sont des rumeurs.

« Donc ce sont beaucoup des rumeurs. Ce n’est pas que le kidnapping n’existe pas. C’est un phénomène qui a existé depuis longtemps. Mais au sens du phénomène kaba kaba, il n’existe plus. Il peut y avoir des cas isolés », a-t-il déclaré.

Et de préciser: « Nous avons plusieurs cas des personnes supposées kidnappées, mais quand vous vérifiez, vous découvrez que ce sont des jeunes filles qui sont allées découcher. Elles se font payer de l’argent et comme les réseaux sociaux sont à leur portée et pour échapper à la punition des parents, elles font passer une vidéo pour dire qu’elles ont été kidnappées pendant trois (3) ou quatre (4) jours ».

L’opération spéciale de bouclage organisée dans plusieurs municipalités de la ville de Kinshasa dans la nuit du 15 au 16 janvier s’est soldée par l’interpellation de 710 présumés criminels selon un communiqué du commissariat provincial de la police. 65 d’entre eux ont été transférés à la prison militaire de Ndolo située dans la commune de Barumbu, partie Nord de la capitale congolaise, où ils vont purger leur peine après jugement.
ACP/C.L.

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