Kisangani-démolition : appel à accorder un moratoire aux commerçants d’évacuer leurs biens

Kisangani, 22 juillet 2026 (ACP).- Le maire de la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo , dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC),  a été appelé, mercredi, par un député provincial à accorder un moratoire raisonnable aux commerçants exerçant leurs activités sur les emprises publiques du marché central , afin de leur permettre d’évacuer leurs installations avant de démarrer la démolition .

« Je demande au maire de la ville Delly Likunde Litawehe, d’accorder un moratoire raisonnable aux commerçants afin qu’ils puissent évacuer leurs installations dans un délai suffisant. Nous ne sommes pas opposés à l’assainissement de la ville, mais cette opération devait être précédée d’une sensibilisation et d’un accompagnement des personnes concernées », a déclaré Senold Tandia, député provincial élu de Kisangani lors d’une descente effectuée sur le site, en marge de l’opération de démolition des kiosques, étalages et boutiques.

Au cours de cette descente, l’élu de Kisangani a indiqué partager les préoccupations des commerçants affectés, tout en réaffirmant son adhésion à la politique d’assainissement engagée par les autorités urbaines.

« Je suis venu sur le terrain pour palper du doigt une réalité traumatisante. Je tiens à préciser que la ville de Kisangani mérite d’être propre et ordonnée. Cette vision est partagée par tout le monde. Mais ce que je condamne aujourd’hui, c’est le caractère précipité, brutal, irrationnel et insupportable de la méthode utilisée », a-t-il ajouté.

Selon lui, le rétablissement de l’ordre public ne devrait pas s’effectuer au détriment des moyens de subsistance de milliers de familles vivant du petit commerce.

« On ne peut pas restaurer l’ordre public en privant les ménages de leur gagne-pain. On ne peut pas assainir une ville en condamnant des familles à la faim », a-t-il insisté.

Il a précisé ne pas s’opposer à la libération des emprises publiques, estimant toutefois que cette opération aurait dû être précédée d’une campagne de sensibilisation et d’un délai suffisant permettant aux commerçants de se réorganiser.

« Nous ne sommes pas contre cette mesure, mais nous condamnons la méthode. Il est inacceptable de détruire les activités de ces mamans et de ces papas, qui vivent de cette petite économie de survie, sans communication préalable ni moratoire suffisant », a-t-il ajouté.

Senold Tandia a, en outre, invité le maire de la ville à suspendre temporairement les démolitions et à aménager un site de recasement pour les commerçants concernés.

 « L’assainissement doit rimer avec humanité, dialogue et justice sociale », a-t-il conclu.

Dans la foulée, plusieurs commerçants touchés par cette opération ont exprimé leur désolation auprès de l’élu provincial. Ils ont dénoncé une intervention menée, selon eux, sans préavis suffisant, affirmant avoir perdu en quelques heures leurs principales sources de revenus. Tout en reconnaissant la nécessité d’assainir la ville, ils ont plaidé pour l’octroi d’un moratoire ainsi que pour leur recasement sur un site approprié.

Faisant partie de l’équipe qui a accompagné le gouverneur ad intérim pour se rendre compte de l’effectivité de l’opération de démolition,  le maire de la ville de Kisangani, Delly Likunde Litawehe, a justifié cette opération par la nécessité de rétablir l’ordre et de renforcer l’assainissement de la ville, particulièrement aux abords du Marché central, où les occupations anarchiques des emprises publiques entravent la circulation des personnes et des biens. Il a indiqué que cette campagne s’inscrit dans le cadre de l’exécution des instructions reçues de sa hiérarchie à Kinshasa, visant à faire respecter les normes d’urbanisme et à redonner à la ville de Kisangani un environnement plus salubre et mieux organisé.

Il convient de rappeler que l’opération de démolition des installations érigées sur les emprises de la voie publique autour du Marché central de Kisangani se poursuit sur instruction du maire de la ville, dans le cadre de la campagne d’assainissement et de libération des espaces publics. Si cette démarche est globalement saluée pour son objectif de restaurer l’ordre urbain, ses modalités d’exécution continuent de susciter des réactions au sein de l’opinion. ACP/Kis/L

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