Kinshasa, 10 octobre 2026 (ACP).- La transformation locale des produits agricoles, la modernisation des infrastructures de transport et la sécurisation des investissements ont été proposées parmi les pistes de solution pour le développement économique de Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, en République démocratique du Congo (RDC), par la docteure Antoinette M’Buy lors d’un entretien samedi avec l’ACP.
« La valorisation des potentialités naturelles de la ville de Bandundu, située au confluent des rivières Kwilu et Kwango, constitue une opportunité pour attirer des investisseurs, créer des emplois au profit des jeunes et améliorer durablement les conditions socio-économiques de la population. Dans le secteur agro-industriel, je préconise l’implantation d’unités de transformation du manioc, du maïs et de l’huile de palme, ainsi que des installations de conservation des produits de la pêche fluviale, afin d’accroître leur valeur ajoutée avant leur commercialisation, notamment sur le marché de Kinshasa », a déclaré la docteure Antoinette M’Buy.
S’agissant du transport et de la logistique, Mme M’Buy a estimé que la modernisation du port de la ville de Bandundu, le développement du transport fluvial et la mise en place de chaînes de froid pour la conservation du poisson pourraient constituer des investissements rentables.
« L ’importance de la réhabilitation des bacs et des routes de desserte agricole pour faciliter les échanges entre Bandundu et les territoires de Bagata, Bulungu, Gungu, Idiofa et Masimanimba, ainsi que les différents secteurs et groupements de la province », a renchéri l’oratrice.
À cet effet, elle considère que la construction du tronçon routier Mongata-Bandundu constitue un enjeu économique majeur, dont la réalisation contribuerait à renforcer les échanges commerciaux entre Kinshasa et le Kwilu, tout en facilitant l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres de consommation.
L’énergie et la sécurisation des investissements
Par ailleurs, elle a encouragé la valorisation des potentialités énergétiques de Bandundu, notamment à travers des projets d’énergies renouvelables, tels que les centrales solaires et les installations micro-hydroélectriques, en vue de soutenir l’implantation de nouvelles industries.
Elle propose également la mise en place d’un guichet unique local pour simplifier les démarches administratives des investisseurs, notamment l’obtention des permis et des autorisations de bâtir.
La sécurisation des concessions agricoles, en collaboration avec les autorités compétentes et les chefs coutumiers, figure aussi parmi ses recommandations, afin de garantir la transparence foncière et de prévenir les conflits liés à la terre.
Sur le plan institutionnel, elle sollicite l’accompagnement de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) et du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), en vue de faciliter l’accès des promoteurs locaux aux mécanismes de financement et aux avantages prévus par les dispositifs légaux en vigueur.
Le recours aux partenariats public-privé (PPP) est également présenté comme une solution pour mobiliser des capitaux en faveur de la réhabilitation des routes de desserte agricole et du développement des infrastructures énergétiques et industrielles.
La mobilisation des investisseurs et de la diaspora
Pour concrétiser ces propositions, ce médecin a plaidé pour la mise en œuvre effective des résolutions de la 13ème Conférence des gouverneurs, ainsi que pour la concrétisation des actions issues du Forum économique du Kwilu.
Elle a invité, à cet effet, les chambres de commerce, les banques de développement, les entrepreneurs de Kinshasa et la diaspora originaire du Kwilu à s’intéresser davantage aux opportunités d’investissement offertes par cette province.
Elle estime que des projets économiquement viables, accompagnés de dossiers financiers solides et d’un cadre juridique rassurant, permettraient de transformer les potentialités locales en activités génératrices de revenus.
Dans cette perspective, elle encourage également l’implantation d’industries de construction et d’unités de production de matériaux de construction, susceptibles de soutenir le développement urbain et de générer des emplois directs et indirects.
«La vulgarisation de ces opportunités en langues nationales, notamment en kikongo, favoriserait une meilleure appropriation des initiatives de développement par les communautés locales. Ainsi que la mise en œuvre de ces différentes propositions contribuerait à faire de Bandundu un pôle économique attractif, orienté vers le développement durable, l’autonomisation des populations et la création d’opportunités professionnelles pour les jeunes », a-t-elle conclu.
Mme Antoinette M’Buy est conseillère en charge d’actions sociales, santé communautaire et résilience humanitaire au cabinet de la ministre d’Etat, Ève Bazaiba Masudi en charge des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la solidarité nationale.
ACP/ S-H M’B.

