Kinshasa, 04 mars 2026(ACP).-L’éthique et dilemmes du soldat dans une guerre asymétrique a fait l’objet d’une étude défendue lundi par le général Eddy Kapend, à l’Université de Lubumbashi (Province du Haut Katanga dans le sud-est de la République démocratique du Congo), pour l’obtention du diplôme d’études approfondies (Dea), selon un document consulté mardi par l’ACP. Le sujet de cette recherche est intitulé « Éthique et dilemmes du soldat dans une guerre asymétrique: une étude philosophique, critique de la théorie de la guerre juste de Michael Walzer ». « L’amphithéâtre 1 de la faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université de Lubumbashi (Unilu) a servi de cadre, ce jour, à une défense de mémoire du Dea en philosophie. Le candidat, le général Eddy Kapend Yrung, a brillamment défendu sa recherche devant un jury d’experts, décrochant la mention la plus grande distinction sous les ovations de l’assistance. Un sujet au cœur des enjeux africains. Le travail du Général Kapend s’attaque à une problématique brûlante, la validité des vieux concepts moraux face aux nouvelles formes de violence en Afrique », a-t-on lu dans le document de l’Unilu. Durant sa présentation, selon la source, le récipiendaire a exposé avec une rigueur de chercheur, les limites de la théorie classique du philosophe américain Michael Walzer. Pour Eddy Kapend, assistant à l’Unilu cité dans le document, le modèle occidental pensé pour des guerres entre États stables, peine à répondre aux réalités des conflits asymétriques où les ennemis se fond dans la population civile et où les cadres institutionnels s’effondrent. Selon la source, l’apport majeur de ce travail, salué par le jury, réside dans la proposition d’une nouvelle approche notamment, l’éthique de la solidarité combattante. Dépassant l’individualisme moral, le général Kapend a plaidé pour une anthropologie relationnelle où le soldat n’est plus un sujet isolé, mais un « être-en-relation ». « Cette éthique repose sur trois piliers, à savoir: la reconnaissance de la vulnérabilité partagée, la responsabilité distribuée et hiérarchisée, la limitation morale de la solidarité, proscrivant toute violence indiscriminée contre les civils », a indiqué M. Kapend cité par le document. Ce travail, selon l’impétrant, refuse de disqualifier totalement Walzer, mais souligne l’impérieuse nécessité d’une reconfiguration conceptuelle adaptée aux réalités africaines, notamment dans la région des Grands Lacs. Sous la direction du professeur ordinaire Emmanuel Banywesize, cette étude est désormais perçue selon la source, comme un outil de référence pour les stratèges militaires, les juristes et les philosophes de la guerre. Et les professeurs Jean-Marie Dikanga, Mpala Mbabula, Ildefonse Tshiniama, Norbert Katambo, Ghadi Finimonga et Flavie Tshishiku ont été respectivement président, co-directeur et membres du jury de ce mémoire de l’assistant Kapend. A la fin de la défense de sa mémoire de Dea, le général Kapend a rendu hommage au Président Félix Tshisekedi pour tout ce qu’il fait en vue de l’établissement de la paix sur toute l’étendue du pays, en ce moment où le pays est confronté à l’agression rwandaise et surtout pour l’avoir libéré de la prison. « Je mentionnerai ici, particulièrement, Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’État et Commandant suprême des Forces armées et de la police nationale, à qui je rends mes hommages les plus déférents et solennels. La grandeur de son humanité m’a libéré de 20 ans de prison, m’accordant ainsi l’opportunité de consacrer la vie au service de ma patrie et aux études », a-t-il dit. Et de poursuivre : « Sans sa grâce, je n’aurais jamais pu produire cette étude scientifique (…) J’ose espérer qu’elle sera utile aux chercheurs dans les domaines les plus variés des sciences humaines et sociales, de la philosophie, de la stratégie militaire et du droit de la guerre ». Plusieurs personnes ont participé à cette cérémonie entre autres, le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, le recteur de l’Unilu, le professeur Gilbert Kishiba et autres officiers généraux et supérieurs des FARDC et de la PNC, ainsi que celles de la communauté universitaire. Le général Eddy Kapenda est actuellement commandant de la 22ème Région militaire dans la province du Haut-Katanga, rappelle-t-on. ACP/

