Lubumbashi, 18 juin 2026 (ACP).- Le vicaire général chargé des finances de l’archidiocèse de Lubumbashi, province du Haut-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a procédé à l’ouverture, jeudi, de la deuxième édition des Journées diocésaines des intellectuels et cadres chrétiens catholiques, placées sous le signe de la résistance chrétienne autour du thème : « Résister pour vivre et faire vivre : engagement libérateur d’un chrétien ».
« La résistance chrétienne constitue une capacité à s’opposer à des idées, des comportements ou des situations contraires aux aspirations humaines et aux valeurs chrétiennes », a souligné Mgr Emmanuel Mumba, dans son mot d’ouverture, précisant que la réflexion menée durant ces assises de quatre jours, devait être comprise dans le cadre de la vie chrétienne, inspirée de l’obéissance à Dieu et du modèle du Christ.
« Notre pays, la République démocratique du Congo, ainsi que notre Église catholique, ont aujourd’hui besoin d’hommes et de femmes capables de résistance. Sans résistance, rien de consistant ne peut être conçu, élaboré et mis en application », a-t-il déclaré devant les participants.
Le vicaire général a présenté la figure biblique de Joseph comme un modèle de résistance et de persévérance. Il a rappelé le parcours du jeune Joseph, vendu par ses frères puis confronté à de nombreuses épreuves en Égypte, avant d’accéder à de hautes responsabilités grâce à sa fidélité à Dieu, sa sagesse et son endurance.
« L’exemple de Joseph démontre qu’une résistance fondée sur la foi peut conduire non seulement à la libération personnelle, mais également au salut et au bien-être de toute une communauté », a-t-il souligné.
Il a exhorté les participants, parmi lesquels des enseignants, professeurs, hauts fonctionnaires et agents de l’État, à développer une capacité de résilience face aux difficultés afin de contribuer à la transformation de la société et à la promotion du bien commun.
Au nom de l’archevêque métropolitain de Lubumbashi, Fulgence Muteba Mugalu, également président en exercice de Conférence Épiscopale Nationale du Congo, le vicaire général a souhaité des échanges fructueux aux participants avant de déclarer officiellement ouvertes les Journées diocésaines des intellectuels et cadres catholiques, prévues du 17 au 20 juin 2026.
Ces assises visent à approfondir la réflexion sur l’engagement des intellectuels et cadres catholiques dans la construction d’une société plus juste, inspirée des valeurs évangéliques et du service du bien commun, note-t-on.
Appel à une résistance fondée sur la foi et la vérité

Le professeur Julien Kilanga Musinde, ancien recteur de l’Université de Lubumbashi
Dans son exposé, sur le thème « Résistance et engagement libérateur d’un intellectuel chrétien catholique : fondements théoriques et spirituels », le professeur Julien Kilanga Musinde, ancien recteur de l’Université de Lubumbashi, a défini l’intellectuel chrétien comme une personne instruite qui consacre sa vie aux activités de l’esprit tout en puisant dans sa foi chrétienne les principes qui orientent sa réflexion et son action au service de la société.
« La résistance, dans la perspective chrétienne, ne se réduit pas à une opposition politique ou militaire, mais constitue avant tout une attitude morale et spirituelle face aux injustices », a souligné l’orateur.
« Résister signifie refuser le mensonge, l’inhumanité et l’indifférence, tout en défendant la vérité, la dignité humaine et les droits des plus vulnérables », a expliqué l’ancien recteur de l’Université de Lubumbashi.
Il a rappelé que l’histoire contemporaine a connu de nombreuses figures intellectuelles chrétiennes qui ont su conjuguer réflexion, engagement citoyen et action sociale pour faire face aux crises, au totalitarisme, au racisme, à la colonisation et aux différentes formes d’exclusion.
Le Pr Kilanga a également insisté sur la dimension libératrice de l’engagement chrétien, affirmant que la foi ne peut être confinée à la sphère privée.
Pour lui, l’intellectuel chrétien catholique est appelé à intervenir dans l’espace public à travers l’enseignement, la recherche, l’écriture, l’action sociale, la défense des droits humains ou encore le combat pour la justice.
« La foi chrétienne constitue une force critique capable de remettre en question les systèmes oppressifs et une source d’espérance pour les peuples engagés dans la quête de liberté, de solidarité et de fraternité », a-t-il conclu.
ACP/M/MUD

