Kisangani, 26 mai 2026 (ACP).-La vigilance a été recommandée mardi à Kisangani, à la population en observant les mesures barrières contre la maladie à virus Ebola, par un membre de la société civile de la province de la Tshopo, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo ( RDC), lors d’ un échange avec l’ACP.
« Le message que nous lançons à la population est celui de la vigilance. Chacun doit respecter les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des embrassades et des poignées de main, ainsi que le lavage des mains au savon avant les repas », a déclaré Henri Kosongo, secrétaire exécutif de la société civile Forces vives de la Tshopo.
Selon lui, la proximité de certaines provinces touchées par l’épidémie expose davantage la Tshopo à des risques de contamination, en raison des mouvements permanents des populations entre les différentes entités.
À cet effet, il a recommandé le renforcement des dispositifs sanitaires aux barrières et points d’entrée , afin de limiter tout risque de propagation de la maladie.
« Au niveau des barrières, il faut des mesures strictes, notamment des dispositifs de lavage des mains et un contrôle systématique des personnes entrant dans la province, pour empêcher l’introduction de cette maladie en Tshopo », a-t-il insisté, avant d’inviter les autorités provinciales et nationales à renforcer davantage la sécurisation sanitaire de cette partie du pays.
Par ailleurs, le secrétaire exécutif de la société civile a plaidé pour un accompagnement accru du gouvernement central en faveur des autorités provinciales, afin de garantir une prévention efficace contre cette épidémie. Il a salué les initiatives déjà entreprises par le gouvernement provincial ainsi que par les députés provinciaux dans le cadre de la riposte sanitaire.
« Le gouvernement central doit mettre les moyens nécessaires à la disposition du gouvernement provincial pour lui permettre de réussir sa politique sanitaire. Il ne faut pas attendre que la maladie entre dans la province pour mettre en place des mécanismes de lutte. Mieux vaut prévenir que guérir », a conclu M. Kosongo.
Depuis la résurgence du virus Ebola dans la partie Est de la RDC, aucun cas suspect n’a été signalé dans la Tshopo. Néanmoins, le ministre provincial de la Santé, Simon Bokongo, est attendu mercredi à l’Assemblée provinciale de la Tshopo pour répondre à une question d’actualité lui adressée par un député provincial au sujet du virus Ebola, signale-t-on.
Rappel historique
Cette épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée le 15 mai par le ministre congolais de la Santé est la dix-septième enregistrée.
Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d’ « Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le directeur de l’INRB Jean-Jacques Muyembe.
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Il faudra également
éviter le contact avec les liquides biologiques,
ne pas toucher le sang, la salive, la sueur, les vomissements, l’urine ou d’autres liquides corporels d’une personne malade ou décédée et isoler des personnes malades.
Les personnes présentant des symptômes doivent être rapidement isolées et prises en charge dans un centre de santé.
Quant aux agents de santé et des proches des malades il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées.
Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
ACP/

