Manipulations contre l’Accord de paix : un rebelle récidiviste tente de  déstabiliser l’Ituri (Pierre Matadi)

Kinshasa, 17 août 2025 (ACP).-L’Ituri, province sous- état de siège dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) à l’instar du Nord-Kivu, est déstabilisé depuis mai 2025 par un nouveau groupe armé créé par Thomas Lubanga, un seigneur de guerre et ancien geôlier de la Cour pénale Internationale à la Haye (Pays-Bas).

Alors que le retour de la paix dans la région est à l’ordre du jour (Processus de EAC-SADC, Washington  et Doha), l’ancien seigneur de guerre  a repris son entreprise criminelle en s’attaquant aux civils ainsi qu’à l’armée nationale dans l’Ituri.

Récidiviste, il use de la fibre communautaire, pour déstabiliser la   plupart de localités des territoires congolais frontaliers de l’Ouganda dont les troupes (UPDF) sont en coalition avec l’armée congolaise dans la traque des djihadistes de l’ADF.

« Son mouvement armé (La Convention pour la Révolution populaire) composé de certaines personnalités bien connues à Bunia (Chef-lieu de l’Ituri) et installées en Ouganda, est de connivence avec les rebelles du M23′, avait fait savoir le 19 mai le Lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des Forces armées congolaises dans cette province.

D’aucuns s’accordent pour trancher qu’il s’agit là d’un mauvais signal que l’on tend à envoyer, à bon escient, aux parties prenantes aux processus de paix dans la région,  particulièrement l’Accord de paix de Washington ( 26 Juin 2025) sous l’égide du Président américain Donald Trump.

Une première réunion du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité (MCCS) pour l’Accord de paix signé à Washington entre Kinshasa et Kigali s’est tenue les 7 et 8 août à Addis-Abeba en Ethiopie, entre des représentants du Rwanda, de la RDC et ceux des partenaires. Cela semble décourager ceux qui ont intérêt à instrumentaliser des Ituriens et profiter de l’embrasement de la région. 

En 2012, M. Lubanga

ancien président de la milice communautaire « Union des patriotes congolais (UPC), un groupe rebelle impliqué dans de nombreuses violations graves des droits humains dont le 

recrutement, enrôlement et utilisation d’enfants soldats dans l’Ituri (2002 et 2003),

a été déclaré coupable  et condamné à une peine totale de 14 ans par la Cour pénale Internationale (CPI)

Le verdict et la peine ont été confirmés par la Chambre d’appel le 1er décembre 2014.  Il sera transféré le 19 décembre 2015 dans la prison de Makala afin de purger sa peine d’emprisonnement. 

Libéré le 15 mars 2020, après avoir purgé sa peine, la Présidence de la République lui avait confié en 2022 une mission de pacification auprès de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), une milice communautaire dans le territoire de Djugu en Ituri. Il sera pris en otage avec sa délégation.

ACP/C.L.

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