Mbuji-Mayi: le phénomène «Wewa» ou motocycliste, est un visage du Kasaïen en RDC (Recteur de l’Université officielle de Mbuji-Mayi)

Mbuji-Mayi, 09 juillet 2024 (ACP).-  «Le ‘’Wewisme’’ ou le fait de conduire une moto de transport, est un visage du Kasaïen en RDC», a fait l’objet d’une table-ronde animée par le recteur de l’Université officielle de Mbuji-Mayi, au centre du pays, a appris l’ACP, mardi, de source académique.  

«Pour le moment au Congo, le wewisme est visage du Kasaïen. On peut ne pas être Kasaïen, tout celui qui conduit la moto est déjà par préjugé Kasaïen de sorte que son comportement qualifie le Kasaïen. Ça peut être un Mungala, s’il conduit mal, on dit Muluba, donc le wewisme est déjà notre carte d’identité, c’est-à-dire, toute personne, tout wewa qui est sur la route est mon visage, il est un visage du Kasaïen», a fait savoir le recteur de l’UOM, Abbé Apollinaire Cibaka, à cette table-ronde organisée à l’Institut supérieur pédagogique (ISP)/Mbuji-Mayi.

«Si les wewa sont 10.000 ou 20.000, ce sont autant de visages et il y a une collectivisation de leur comportement, il y a une communautarisation, c’est-à-dire que lorsqu’il fait du mal, moi qui suis professeur d’universités, je suis responsable de son mal, lorsqu’il fait du bien moi aussi je suis responsable de ce bien, donc nous sommes des wewa, c’est la nouvelle identité du Kasaïen par abus, par raison c’est ça notre identité », a-t-il ajouté.

Le Recteur Cibaka a, par ailleurs, expliqué que le wewisme est une révolution sociale, il est la nouvelle culture kasaïenne ou congolaise pour survivre avec un minimum de dignité et d’honnêteté, étant donné qu’en République démocratique du Congo (RDC), il n’y a pas une politique d’appui à l’entrepreneuriat.  

«Le wewisme est une révolution sociale, parce que c’est une manière d’affronter l’irrationalité d’un pays, c’est-à-dire que tous ces jeunes qui sont sur les motos pouvaient être des grands paysans, des grands agriculteurs… mais dans le contexte qui est le nôtre, il y a un besoin du point de vue entrepreneuriat, c’est des gens qui ont résolu un problème ou qui veulent résoudre un problème dans la société en créant une valeur dont ils vivent (…) », a-t-il fait savoir.

Trois fonctions négatives que jouent les wewa sur la route

L’abbé professeur Apollinaire Cibaka Cikongu démontre dans sa réflexion, que le wewisme ou la manière de se comporter de wewa, montre ce que c’est la route congolaise, autrement, les trois fonctions négatives que jouent les wewa sur la route.

« Négativement, le wewisme est une culture qui nous révèle ce que c’est la route congolaise. Un wewa sur la route a trois fonctions négatives : la première fonction est qu’il est le roi de la route, avec le pouvoir absolu d’inventer et de réinventer les règles de circulations comme il l’entend. Donc, il peut vous doubler par la droite et vous condamner parce que vous ne lui laisser pas la place, il peut même prendre le sens contraire. D’un côté, les wewa sont les héros de la survie, mais de l’autre côté, ils sont le roi de la route», a fait savoir le recteur de l’UOM dans son intervention.

«La deuxième chose, les wewa sont les justiciers de la route, dès qu’il y a un accident c’est eux qui arbitrent, ils disent qui a raison et qui a tort, donc ils n’ont pas besoin d’un parquet ou d’un juge. Les wewa sont aussi les éducateurs des autres usagers de la route, parce que c’est eux qui distribuent l’infraction, qui vous disent si vous conduisez mal ou si vous conduisez bien».

Et de conclure: «pour sortir de cette situation, il nous faut sortir la route congolaise de la dictature des wewa, parce qu’ont dit que la route du développement passe par le développement de la route, il faut avoir aussi les routes civilisées, lorsqu’il y a des routes civilisées les gens peuvent créer les entreprises de transport… ».  ACP/ ODM        

Fil d'actualités

Sur le même sujet