Beni, 9 septembre 2026 (ACP).- Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU et coordonnateur humanitaire résident en République démocratique du Congo, a appelé mercredi à Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est du pays, à renforcer des moyens de déploiement des équipes pour soutenir la riposte contre Ebola ainsi que l’action humanitaire.
» J’ai été reçu ce matin par Son Excellence le Gouverneur militaire, ici au Nord-Kivu, dans le cadre de ma première visite officielle à Beni. Il est important d’augmenter les moyens, de renforcer le déploiement des équipes pour soutenir la riposte« , a déclaré Damien Mama au sortir des entretiens avec le gouverneur militaire, le général-major Evariste Somo Kakule.
L’hôte de l’autorité provinciale a, à cette occasion, justifié cette visite par le souci d’une démarche de concertation avec les autorités provinciales, les acteurs humanitaires, les agences des Nations unies et les communautés, en vue d’évaluer les besoins et de renforcer la coordination de l’action humanitaire dans la province.
Au cours de cette rencontre, les échanges ont particulièrement porté sur la situation épidémiologique et la réponse à la maladie à virus Ebola, dont la progression rapide dans le Nord-Kivu constitue une préoccupation majeure pour les autorités et les partenaires humanitaires.
Des moyens à la hauteur de l’épidémie
Damien Mama a insisté sur la nécessité d’augmenter les moyens consacrés à la riposte et de renforcer le déploiement des équipes sur le terrain.
Le responsable onusien a rappelé que l’Ituri a constitué jusqu’à présent l’épicentre de l’épidémie avant d’appeler à prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter une extension de la maladie dans la province voisine.
Selon lui, les ressources mobilisées doivent être proportionnelles à la vitesse de propagation de l’épidémie. La détection d’une transmission communautaire impose une intervention rapide afin d’interrompre les chaînes de transmission et de limiter les risques de propagation.
Cette riposte nécessite un soutien accru aux autorités provinciales, ainsi qu’une mobilisation coordonnée des partenaires nationaux et internationaux.
Protéger l’action humanitaire
La question de l’accès humanitaire a également été au centre des discussions au cours de ces échanges entre les deux personnalités.
Damien Mama a rappelé que la défense de cet accès constitue une responsabilité essentielle de son mandat. Il a déploré les situations dans lesquelles les acteurs humanitaires peuvent être victimes de malentendus ou d’attaques, alors qu’ils interviennent au bénéfice des populations affectées.
« Les humanitaires ici sont impartiaux, aucun humanitaire ne doit être attaqué », a-t-il affirmé, appelant les autorités provinciales à sécuriser les axes permettant aux équipes d’accéder aux populations vulnérables.
Cette sécurisation, a-t-il expliqué, est indispensable pour permettre aux intervenants de poursuivre leurs opérations et de sauver des vies dans les zones où les besoins demeurent importants.
Pour Damien Mama, la réponse à Ebola doit être intégrée dans une approche humanitaire plus large, tenant compte des autres vulnérabilités qui affectent les populations du Nord-Kivu.
Il a notamment cité la continuité des soins, l’insécurité alimentaire, la production, les activités économiques et les déplacements de populations.
Le coordonnateur humanitaire résident a salué l’engagement de l’autorité provinciale, tout en soulignant la nécessité d’un soutien accru des autorités nationales, des équipes des Nations unies, de la Monusco et de l’ensemble des acteurs humanitaires.
« Nous sommes conscients qu’il est important que la question d’Ebola soit associée à la réponse humanitaire globale », a-t-il relevé. ACP/

