Kisangani, 21 février 2026 (ACP).- La révolution agricole agressive lancée par le président Félix Tshisekedi et pilotée par le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, a été vulgarisée samedi à Kisangani(dans le nord-est du pays), lors d’une conférence d’échanges organisée par une délégation du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, en vue de recenser et d’évaluer les capacités réelles de production afin de transformer durablement la province de la Tshopo en grenier agricole national, a constaté l’ACP.
«Le gouvernement veut bâtir une agriculture industrielle, capable de garantir la souveraineté alimentaire, de créer massivement des emplois et de soutenir un développement durable», a déclaré Gisèle Bombele, conseillère en charge des agrégats agricoles, présentant la stratégie portée par le ministre de l’agriculture et sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo.
Elle a expliqué que la stratégie repose sur plusieurs réformes majeures, notamment la nouvelle loi phytosanitaire, la loi semencière, la révision de la loi agricole de 2011 et la création du Fonds national de développement agricole. La campagne prévoit également la distribution de semences améliorées, d’engrais, de tracteurs et d’équipements modernes.
La conseillère Bombele a précisé que la mission vise à restructurer l’agriculture familiale en coopératives performantes et à relancer des institutions stratégiques, telles que l’INERA Yangambi, autrefois fleuron de la recherche agricole congolaise.
L’ingénieur Paul Apadjemba a souligné la nécessité d’une organisation rigoureuse du secteur : «La réussite dépendra de la structuration des producteurs, du renforcement de la mécanisation, de l’encadrement technique et de la coordination entre l’État, les scientifiques et les agriculteurs».
De son côté, l’ingénieur Bellarmin Nkwankwimbi a plaidé pour transformer la CAAPSA en une véritable entreprise agricole moderne, capable de produire à grande échelle et de soutenir efficacement les producteurs locaux.
Cette conférence d’échanges a réuni experts, universitaires, ingénieurs agronomes, coopératives agricoles, techniciens et professionnels des médias. Elle a permis de confronter les données collectées sur le terrain avec les réalités vécues par les acteurs locaux, dans le cadre de la campagne agricole 2025-2026, baptisée «Révolution agricole agressive».
Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accélérer, de structurer et d’industrialiser le secteur agricole.
Notons que lors de la séance de questions-réponses, universitaires, experts et techniciens agricoles ont insisté sur l’importance de renforcer le lien entre recherche scientifique et politiques publiques, de valoriser les innovations locales et d’impliquer directement les universités dans la formation des agriculteurs.
Signalons qu’avec cette offensive, Kisangani et la Tshopo sont appelées à devenir des piliers de la nouvelle stratégie agricole nationale.
Toutefois, sur le terrain, les acteurs locaux attendent désormais des actes concrets, des financements réels et des résultats tangibles. ACP/C.L.

