Sud-Kivu : l’accès à l’hygiène menstruelle, un défi majeur pour de nombreuses femmes d’Uvira

Uvira, 29 mai. 2026 (ACP). – . Entre la précarité financière, le manque d’installations sanitaires adéquats , plusieurs femmes et adolescentes de la ville d’Uvira dans l’est de la République démocratique du Congo vivent leurs périodes menstruelles dans des conditions difficiles, a appris vendredi l’ACP d’une source éducative .

« Je pense qu’il y a deux cas pour la période de menstruation.Le premier cas, c’est par exemple une fille qui commence l’école sans avoir encore connu les menstruations. Si les règles arrivent pendant qu’elle est en classe et que sa jupe est tachée, elle peut avoir honte devant les autres élèves qui vont se moquer d’elle. Cela peut même pousser la fille à abandonner les études. Le deuxième cas concerne la fille qui connaît déjà les menstruations. Les règles peuvent arriver de façon inattendue pendant qu’elle est en classe ou elle peut ressentir des douleurs au ventre et demander à rentrer à la maison. Les autres élèves commencent alors à se moquer d’elle en disant qu’ils connaissent déjà sa “maladie”. Même certains enseignants tiennent parfois ce genre de propos. Voir aussi dans plusieurs écoles, il n’y a pas de toilettes séparées pour les filles et les garçons. Ils utilisent les mêmes latrines. Certaines écoles disposent aussi de toilettes très sales, ce qui expose les filles à des infections », a déclaré Mme Chantale Mutakiwa enseignante d’une école primaire de la place.« J’estime que les croyances traditionnelles et les tabous continuent d’alimenter la discrimination autour des menstruations à Uvira. Cependant, grâce aux sensibilisations menées par les organisations humanitaires et les communautés religieuses nous voyons une évolution progressive des mentalités. Pour améliorer la gestion de l’hygiène menstruelle. » »Face à cette problématique, nos acteurs communautaires plaident pour des solutions durables, notamment la réduction du coût des produits menstruels, la construction de toilettes adaptées dans les écoles, l’éducation menstruelle ainsi que la lutte contre les tabous qui marginalisent encore les femmes et jeunes filles. » a relevé M. Willy Seremba coordonnateur adjoint du Centre Rural Integré pour la Paix et le Développement Durable (CRIPAD).Signalons qu’à Sange, dans la plaine de la Ruzizi, cette réalité affecte directement la santé des femmes ainsi que la fréquentation scolaire des jeunes filles. Le manque de sensibilisation et les préjugés autour des menstruations poussent certaines adolescentes à s’absenter aux cours, voire à abandonner l’école.
ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet