Lubumbashi, 15 août 2025 (ACP).- Environ 70% de la population congolaise a moins de 25 ans, représente un potentiel énorme pour le secteur agricole, mais par manque d’accompagnement et formation, les jeunes agripreuneurs sont peu nombreux, or c’est un secteur clé pour la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo.
Le constat est que de nombreux jeunes quittent les zones rurales pour les villes et des carrières minières, ce qui déséquilibre la main-d’œuvre agricole et peut affecter la production alimentaire.
Patrick M. Makolo, coordonnateur national d’une organisation non gouvernementale dénommée génération Cris d’Alarme Sauvons le Congo (G.C.A/ONG) et coach en entrepreneuriat agricole, a répondu aux trois questions de l’Agence Congolaise de Presse (ACP) dans le contexte de l’implication des jeunes dans ce secteur moteur du développement.
Question 1: Pourquoi les jeunes congolais devraient-ils s’intéresser à l’agriculture?
Patrick M. Makolo: Les jeunes congolais doivent s’intéresser à l’agriculture non seulement vivrière mais aussi et surtout l’agriculture semi-industrielle voir même industrielle c’est par rapport au nombre qu’ils représentent en République démocratique du Congo.
La deuxième de chose c’est que, une fois intéressé avec la garantie que procure ce secteur aussi bien le pourcentage élevé des terres arables que possède le pays, il y aura la sécurité alimentaire; la durabilité environnementale; l’innovation et technologie; la création d’emplois; le renforcement des communautés. Nous pouvons assister bel et bien au développement socioéconomique de la RDC.
Cette jeunesse est un fer de lance pour la croissance de la RDC, d’où nous devons les encourager à entreprendre dans le secteur agricole pour nous permettre à consommer les produits made in DRC, d’où l’expérience de Kanyama Kasese est plus éloquent pour la capitalisation de la force qui était gaspillé jadis par les enfants et adultes dans la rue, abusivement appelés Shegués, Kuluna ou Moineaux.
Question 2: Pourrait-il y avoir de l’impact prévisible du changement climatique sur les jeunes une fois engagés dans l’agriculture
Patrick M. Makolo: Il pourrait effectivement y avoir de l’impact négatif du changement climatique sur les jeunes engagés dans l’agriculture. La fluctuation climatique peut diminuer les revenus des jeunes agriculteurs, rendant difficile leur autonomie financière. Les changements climatiques peuvent également affecter l’accès au crédit et aux ressources nécessaires pour investir dans des technologies résilientes.
Les jeunes devront s’adapter en adoptant des pratiques agricoles durables comme Agroécologie pour faire face aux nouvelles conditions climatiques. Il sera essentiel d’investir dans la formation pour permettre aux jeunes de s’adapter efficacement.
Aussi, le gouvernement doit mettre en œuvre un leadership transformationnel et visionnaire à l’image de la Chine avec Mao Tse-toung et de l’Inde avec Narendra Modi, qui se défendent mieux actuellement et sont devenus une référence pour beaucoup dans le monde.
Question 3: Quels sont les principaux défis à relever pour promouvoir l’implication des jeunes dans l’agriculture ?
Patrick M. Makolo: Les principaux défis à relever pour promouvoir l’implication des jeunes dans l’agriculture, le point de départ c’est le gouvernement congolais qui doit d’abord donner son impulsion pour attirer les jeunes à entreprendre dans le secteur de l’agriculture, en mettant sur pied dans chaque territoire, secteur, commune, province et ville de la RDC, dans le secteur agricole notamment: l’accès à la terre; financement et ressources; formation et éducation; infrastructures; création des banques des crédits agricoles dans chaque territoire; soutien institutionnel; réseaux et partenariats.
Une fois ces défis sus-évoqués mis en place avec un programme bien établi, les jeunes seront attirés en masse afin de relever ce secteur bénéfique pour l’avenir de la RDC, aussi bien notre économie, qui est d’ailleurs extravertie, connaîtra un essor considérable, par conséquent nous ne mangerons que des produits exploités et transformés au pays.
ACP/ODM

