Kisangani, 14 octobre 2026 (ACP).- La province de la Tshopo dans le Nord-est de la République démocratique du Congo, a totalisé 63 cas confirmés d’Ebola, dont 26 décès, près de quatre mois après la déclaration de sa première épidémie, la 17ᵉ recensée dans le pays, selon les données de la Division provinciale de la santé (DPS), arrêtées au 12 octobre et consultées mercredi par l’ACP.
« Sur les 63 cas confirmés, 26 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 41 %. Vingt-neuf personnes ont été déclarées guéries, tandis que huit cas demeurent actifs », indique le rapport du pilier surveillance.
Un cas probable porte le total à 64 cas confirmés et probables
Sept des 23 zones de santé de la province sont affectées : Makiso-Kisangani, Bafwasende, Kabondo, Mangobo, Tshopo, Lubunga et Wanie-Rukula.
Makiso-Kisangani est la plus touchée, avec 28 cas et 12 décès, suivie de Mangobo (11 cas, six décès) et de Bafwasende (11 cas, quatre décès). Kabondo compte huit cas, Tshopo trois, Lubunga et Wanie-Rukula un chacune. Au total, 30 aires de santé sur 442 ont été atteintes.
Selon ce rapport, les hommes sont les plus touchés par l’épidémie, représentant 63 % des cas confirmés, soit 40 cas, contre 37 % chez les femmes, correspondant à 23 cas. Par ailleurs, les professionnels de première ligne (PPL) représentent 33 % des cas confirmés, soit 20 cas, tous issus du secteur privé.
Surveillance et alertes
Au total, 147 alertes ont été notifiées, dont 47 reportées et 100 reçues. À l’issue des investigations, 11 alertes ont été validées, parmi lesquelles deux décès. Toutes les alertes validées ont fait l’objet de prélèvements, soit 11 échantillons au total. Par ailleurs, quatre cas suspects ont été investigués puis transférés au centre de traitement d’Ebola.
La transmission persiste
Après 11 cas à la 38ᵉ semaine épidémiologique, les notifications sont passées à cinq à la 39ᵉ, puis à neuf à la 41ᵉ semaine.
Par ailleurs, la prise en charge médicale a permis de déclarer 29 guérisons.
Selon le rapport, 443 personnes ont bénéficié d’une intervention thérapeutique ou préventive : 41 cas confirmés ont reçu des traitements expérimentaux et 402 personnes une prophylaxie post-exposition.
La surveillance a enregistré 967 contacts à suivre au 12 octobre, dont 834 vus, soit 86 %. À Makiso-Kisangani, 122 contacts ont achevé les 21 jours de surveillance. Sur 275 alertes notifiées, 167 provenaient des communautés.
Des opérations de décontamination ont été menées dans plusieurs établissements de soins. Dix-sept structures ont été accompagnées dans cinq zones de santé et 201 prestataires sensibilisés aux précautions standards, au triage et au dépistage.
Des vaccins ont été déployés à Kabondo, Makiso-Kisangani et Tshopo, tandis que les sensibilisations ont ciblé notamment les écoles, les motocyclistes et les responsables religieux.
Résistances communautaires et contraintes logistiques
La riposte reste confrontée à la méfiance de certaines communautés, aux refus de prélèvements, d’isolement ou de transfert des malades, ainsi qu’à des menaces et agressions contre des équipes sanitaires. Aux points d’entrée, 2,9 % des voyageurs contrôlés ont refusé le dépistage et 3,5 % le lavage des mains.
La contamination de 20 soignants souligne la nécessité de renforcer la prévention des infections. Le suivi des contacts demeure également difficile : une analyse distincte, arrêtée au 11 octobre, recense 306 contacts effectivement suivis sur 1.522 listés, soit 20,1 %, contre 86 % dans le rapport journalier, selon des méthodes de calcul différentes.
Les équipes signalent un besoin de 154 motos pour améliorer leurs déplacements. L’aménagement du centre d’isolement de Makiso, le suivi des travaux à Bafwasende et Konga-Konga ainsi que l’extension du Centre de traitement Ebola de Météo figurent parmi les priorités.
Près de quatre mois après la déclaration de l’épidémie, la consolidation de la surveillance, de la protection des soignants et de l’adhésion communautaire reste indispensable pour interrompre la transmission. ACP/Uz./Mok./DL

