ISANGI, 14 avril 2026 (ACP). – Plus de 20 000 ménages sont sinistrés par des inondations persistantes depuis mars 2026 dans le territoire d’Isangi, dans la Tshopo (nord-est de la RDC), où 32 villages ont été touchés et de nombreuses habitations submergées ou détruites, renseigne le bulletin d’alerte d’avril produit par le Centre de monitoring et d’alertes humanitaires (CMAH), consulté mardi par l’ACP.
« Les localités les plus affectées incluent notamment Isangi-centre (5 026 ménages), Yabasabola (600), Ilondo (905), Yamsema (493), Libunga (375), Bisanga (665), Yalitombo (412), Yaongowa (519), Yalikina (589), Ifiti (215), Ilambi-Moke (429), Yaokasanga (429), Yambasi (465), Yekila (617), Bolanda (440), Yaokwamu (410), Yasingi (294), ainsi que plusieurs villages des secteurs de Tasse, Turumbu et de la forêt de Yawembe, portant le total à 20 289 ménages sinistrés », peut-on lire dans ce bulletin d’alerte.
Le chef d’antenne des actions humanitaires dans le territoire d’Isangi, Jérôme Katusi Kalome, dit avoir déployé ses agents sur le terrain pour identifier les villages touchés. Malheureusement, ils ont été confrontés à des difficultés d’ordre financier et n’ont pas atteint les villages éloignés, faute de moyens très limités.
« Beaucoup d’autres villages éloignés n’ont pas été visités faute de logistique et de mobilité. Ces données nous ont permis d’alerter, mais sans réponse favorable du gouvernement ni des partenaires », a déclaré Ir Jérôme Katusi Kalome, chef d’antenne des actions humanitaires et de la Solidarité nationale à Isangi.
Selon lui, cette montée des eaux, observée depuis le 16 mars 2026 sans décrue significative, perturbe gravement les conditions de vie des populations.
Le phénomène a paralysé les principales activités économiques telles que le commerce, la pêche, l’agriculture et l’élevage, tout en rendant difficile l’accès aux soins de santé et à l’éducation, précise la même source.
« Les inondations ont également entraîné la submersion des routes et des voies fluviales, compliquant la circulation des personnes et de leurs biens. Plusieurs familles ont été contraintes de se déplacer et passent la nuit à la belle étoile, exposées aux intempéries, tandis que des cas de noyade d’enfants ont été signalés », a-t-il ajouté, soulignant que ces inondations touchent de manière récurrente les mêmes villages du territoire d’Isangi, considéré comme particulièrement vulnérable en raison de sa proximité avec les cours d’eau et du manque d’infrastructures adaptées.
Face à cette situation, les besoins humanitaires sont jugés critiques, notamment en abris, en eau, hygiène et assainissement (WASH), ainsi qu’en nutrition. Le bulletin souligne aussi la nécessité urgente de réhabiliter les habitations détruites lors des précédentes inondations de 2022, 2023, 2024 et avril 2025.
Malgré quelques actions menées, notamment l’identification des zones touchées et la distribution limitée de produits de traitement d’eau, la réponse humanitaire reste largement insuffisante. « Les faibles quantités de médicaments distribuées n’ont pas couvert tous les villages sinistrés », a reconnu le responsable des actions humanitaires à Isangi.
Contacté par l’ACP, l’administrateur du territoire d’Isangi, Toussaint Loholo Keke, a confirmé l’information et indique qu’il est en train de sensibiliser la population afin qu’elle prenne des précautions, notamment en évitant de consommer de l’eau non traitée, et que des mesures sont prises pour prévenir les maladies d’origine hydrique.
À cette occasion, il lance un appel pressant aux autorités nationales, provinciales et aux partenaires humanitaires pour une intervention d’urgence afin de venir en aide aux populations sinistrées, confrontées à des conditions de vie de plus en plus précaires.
Il sied de rappeler que le territoire d’Isangi compte 431 villages, répartis en 53 groupements et 13 secteurs et chefferies, dont plus de 30 sont fortement touchés.
ACP/C.L.

