Tshopo : la spoliation d’un cimetière en activité à Kisangani déplorée

Kisangani, 8 janvier 2026 (ACP) – La bourgmestre de la commune de Tshopo, à Kisangani, a déploré la spoliation du cimetière Malikiah, encore en activité situé au point kilométrique 5 (PK5) sur la route Buta, dans la province de la Tshopo, dans le nord- est de la République démocratique du Congo, lors d’un entretien vendredi.

« Nous sommes tous des pèlerins sur cette terre. Voir des vivants profaner les tombes de ceux qui ont vécu comme nous, simplement pour l’argent, est révoltant », a déclaré Marianne Batamane, bourgmestre de la commune de Tshopo.

La bourgmestre a rappelé que la législation foncière et funéraire interdit toute désaffectation ou réaffectation d’un cimetière avant un délai d’au moins 50 ans après la dernière inhumation, même si certaines tolérances peuvent, dans des cas exceptionnels, aller jusqu’à 30 ou 40 ans. Or, a-t-elle précisé, des tombes datant de 2013 à 2015 sont encore visibles au cimetière Malikiah, preuve que le site demeure actif et ne peut en aucun cas faire l’objet d’un lotissement.

« La mémoire des disparus mérite le respect », a-t-elle insisté.

Mme Batamane a, par ailleurs, révélé que la communauté Komo aurait saisi le ministre provincial de l’Intérieur pour solliciter le lotissement de ce cimetière, une démarche qu’elle a qualifiée d’irrégulière.

« Le lotissement ne relève pas du ministère provincial de l’Intérieur. Cette prérogative appartient au gouverneur de province, après constat des services techniques spécialisés et sur base d’un arrêté », a-t-elle martelé, dénonçant également l’intervention de services relevant d’autres juridictions, notamment du cadastre sud, sur une zone pourtant du ressort du cadastre nord.

Face à ces irrégularités, la bourgmestre de la commune de la Tshopo a décidé de suspendre tous les travaux ainsi que toute vente de parcelles au cimetière Malikiah jusqu’à nouvel ordre.

« Je ne peux pas me faire justice moi-même. J’ai saisi les instances judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a-t-elle affirmé, appelant la population et les services concernés à s’abstenir de toute action illégale sur ce site funéraire, en attendant les décisions des autorités compétentes.

ACP/C.L.

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