Kinshasa, 17 avril 2026 ( ACP).- L’émergence des virus respiratoires et le risque pandémique ont été au centre d’une journée de réflexion, organisée vendredi, par l’institut national de recherche biomédicale ( INRB), à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
« Aujourd’hui c’est la réflexion sur l’émergence des virus respiratoires comme candidats probables des pandémies futurs. Nous nous rappellerons de la pandémie de Covid-19 et nous avons compris que si on ne se prépare pas on sera toujours dans l’improvisation, dans la précipitation…c’est pour cela que le monde entier est maintenant engagé dans la préparation et la réponse aux épidémies et aux pandémies », a déclaré le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’INRB.
« Une autre notion s’est ajouté c’est celle de one Health ( une santé). La santé humaine, animale et environnementale vont ensemble et nous devons travailler ensemble pour nous préparer », a-t-il ajouté.
Le professeur Muyembe a fait savoir que lors du sommet mondial sur l’approche « une santé » tenu en France, l’Organisation mondiale de la santé ( OMS) a insisté sur l’apport scientifique dans la gestion et la réponse aux épidémies suivant la stratégie de 28 familles des virus et bactéries à étudier.
« Dans le Monde, nous avons des groupes qui s’occupent de ces principales familles de virus… Nous devons travailler ensemble avec les vétérinaires parce que nous savons que 60% de ces pathogènes viendront du monde animal. Je vous invite à vous armer en choisissant un des pathogènes pour vos études », a-t-il dit.
De son côté, le Dr Dieudonné Mwamba, directeur général de l’institut national de santé publique ( INSP) a noté que cette journée permet de partager les connaissances à jour sur les virus respiratoires afin de mieux préparer le pays face aux pandémies.
« Nous au niveau de l’ INSP, étant dans la préparation et la réponse aux urgences, nous devons privilégier et encourager les collaborations, les échanges des connaissances et d’expérience parce que c’est de tout cela que nous allons nourrir nos stratégies pour mieux se préparer », a-t-il dit.
Tirant des leçons de la Covid -19, a poursuivi le Dr Mwamba, il est important que les institutions scientifiques de recherche et les institutions de santé publique travaillent de manière collaborative pour permettre que toutes les connaissances générées par les expériences de terrain puissent être partagées et mises en pratique dans la gestion de ces virus.
La plupart des virus grippaux sont partagés entre le monde animal et humain
Par ailleurs le professeur Steve Ahuka, coordonnateur de la plateforme engagée dans la santé mondiale « Prisme RDC »a fait savoir que la plupart part des virus grippaux sont partagés entre le monde animal et humain.
« Il est important de maîtriser l’interface entre les animaux et les hommes et c’est pour cela que cette réflexion doit se faire avec ceux qui gèrent la santé animale », a-t-il précisé.
Selon ce professeur qui est aussi virologue à INRB, cette activité permet de mettre à jour les connaissances sur ces virus et discuter sur leur évolution en pandémie afin d’anticiper les moyens de lutte.
« La préparation est importante pour prévenir un risque pandémique particulièrement ceux causés par le virus respiratoire », a-t-il dit.
Ces virus respiratoires sont notamment syncytial (VRS), la grippe (influenza) et le SARS-CoV-2 (COVID-19).
Plusieurs cadres du ministère de la santé ainsi que du pêche et élevage ont participé à cette journée de réflexion. ACP/C.L.

