Casablanca, 6 mai 2026 (ACP).-A l’occasion du forum Gitex Future Health Africa, l’apport de l’intelligence artificielle dans l’accélération de l’amélioration du système de santé de l’Afrique a fait l’objet d’un entretien par l’ACP avec une scientifique marocaine, en marge d’une conférence organisée par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, mardi à Casablanca, au Maroc.
« L’IA ne peut jamais remplacer un médecin. L’IA est là pour aider à améliorer le diagnostic, à améliorer la précision du diagnostic. Mais finalement, celui qui interprète et qui valide les résultats de l’IA, c’est le médecin. Donc il faut qu’on enseigne, qu’on intègre cette culture de l’usage de l’IA. Et bien évidemment, il faut les ressources nécessaires en matière de compétence », a déclaré à l’ACP le professeur Bassma Jioudi, vice-présidente Engineering de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la santé.
Selon cette scientifique professeure d’informatique, il y a deux préalables importants à remplir pour arriver à bénéficier de tous les atouts de l’IA sur le plan médical en Afrique : « Il y a la partie préparation de l’infrastructure qui va fournir les conditions pour mettre en place cette intelligence artificielle et puis la formation des ressources, des profits, des compétences humaines qui vont justement accompagner cette intégration. Donc si on parle de la partie infrastructure, bien évidemment il faut préparer l’infrastructure qui est du même niveau qu’on a dans d’autres pays qui sont aujourd’hui des expériences réussies en matière d’utilisation et de développement d’intelligence artificielle ». Et en matière d’infrastructure, le continent n’est pas bien loti. « Aujourd’hui, on est tous conscients que la réalité de notre infrastructure en Afrique, est instable, c’est une infrastructure qui est fragmentée, la data est fragmentée, c’est-à-dire que dans un même hôpital, on peut trouver plusieurs solutions qui cohabitent et ça malheureusement, empêche d’avoir cette vision du parcours patient, la vision complète du parcours patient. Donc pour pouvoir préparer cette infrastructure, il faut bien sûr tout d’abord, pouvoir préparer cette data médicale dans cet environnement, il faut commencer par la structuration de cette data, concevoir les sources de cette information, notamment en matière de système d’information, de feuilles de patients », a martelé le professeur Jioudi. Car en effet, la problématique de la création des bases de données fiables exploitables par l’IA dans les hôpitaux constitue le deuxième préalable pour la modernisation des systèmes de santé du continent.
« Aujourd’hui, il faut tout d’abord commencer par la mise en place des systèmes qui vont permettre d’avoir la data demandée pour pouvoir entraîner le lien. Deuxièmement, il faut l’acculturation de l’usage, il faut que les praticiens, parce que c’est eux les principaux producteurs de la data, soient conscients de cette responsabilité de saisie de la donnée et l’importance d’avoir une vision complète, une data complète sur les parcours des patients et puis après, leur collaboration aussi, parce que c’est eux la source de besoin et c’est eux qui interprètent les résultats », a conclu le professeur Bassma Jioudi..
ACP/C.L.

