Beni, 30 mai 2026(ACP).- La desserte sporadique en eau potable en période de la maladie à virus Ebola a été identifié comme un défi à relever dans la ville de Beni, au Nord-Kivu(Est de la République démocratique du Congo), selon un acteur des forces vives abordé samedi par l’ACP.
« Avec l’expérience que nous avons de la 10eme épidémie de la maladie à virus Ebola dont Beni était l’épicentre où devrait être éradiquée le virus en peu de temps, mais nous sommes devant un défi majeur qui est l’eau. Nos bornes fontaines ne sont pas quotidiennement desservies en eau.
Au niveau des bornes fontaines où coulent l’eau, on y trouve des attroupements de nombreuses personnes avec le risque de contamination. L’eau étant un facteur important dans la lutte contre Ebola, l’Etat congolais devrait disponibiliser un fonds uniquement pour la question de cette denrée vitale dans les zones touchées par cette épidémie à l’instar de la ville de Beni où la carence en eau potable se pose avec acquitté en cette période particulière », a fait observer Joël Kabunga, porte-parole du conseil urbain de la jeunesse dans la ville de Beni.
«En outre l’afflux de personnes aux points de puisage constitue également un risque de contamination», a-t-il ajouté.
Pendant la période de l’apparition de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, l’eau est à la fois un vecteur d’une transmission potentielle mais également une arme efficace pour en endiguer la propagation dans une entité comme la ville de Beni qui a accueilli plusieurs vagues de déplacés, notamment les personnes qui continuent à fuir les affres perpétrés par les terroristes d’origine ougandaise de l’ADF affiliés à l’Etat islamique auxquelles s’ajoutent ceux qui ont quitté Goma, Nyiragongo, Rutshuru, Lubero pour trouver asile dans la ville de Beni.
Des files d’attente au niveau des bornes fontaines provoquent ainsi des marées humaines notamment des femmes et des jeunes filles à la recherche d’un point d’eau où s’approvisionner.
Pour les mamans abordées, cette situation favorise la transmission interhumaine.
« Nous souffrons à cause de l’insuffisance d’eau dans les bornes fontaines et au niveau des sources d’eau, et voilà aussi la maladie d’Ebola est là. On ne sait pas comment lutter contre cette maladie sans l’eau », s’est lamentée Mme Sifa Kahindo, une ménagère, du quartier Kanzuli, dans la commune de Bungulu, dans le centre-ouest de la ville de Beni. Elle s’est plaint d’être restée pendant plus de deux heures au niveau de la borne fontaine sans puiser ne fut-ce même 20 litres d’eau.
A Beni, les bornes fontaines constituent la principale source d’approvisionnement en eau potable, du coup, un bidon de 20 litres d’eau qui se vendait à 100 francs congolais a rebondi au double en se négociant actuellement à 200 francs congolais suite à la carence en eau.
«Je me suis réveillé aujourd’hui à 4 h du matin à la recherche de l’eau et c’est vers 9 h que j’ai trouvé un bidon de 20 litres, et c’est uniquement pour boire et pour d’autres besoins. On se rabat à l’eau de la rivière qui constitue un risque pour nous, car la maladie à virus Ebola est déjà à Beni. Je demande à la zone de santé de la place d’installer de gros lavabos avec eau chlorée dans les endroits chauds de la ville pour limiter la propagation de la maladie », a de son côté recommandé Mme Espérance Kavugho, une autre ménagère trouvée au niveau de la source d’eau du quartier Masiani, dans la commune de Mulekera, dans la partie centre nord de la ville de Beni.
La carence en eau est décriée en ville de Beni pendant qu’en plus de la Regideso, cette ville est également desservie par des réservoirs géants alimentés par voie gravitaire aux côtés des points de forage actuellement en vogue.
La situation épidémique de la ville de Beni indique que cinq (5) cas ont été confirmés dont trois (3) décès et deux malades qui se sont évadés.
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