Ebola à Beni : une survivante exhorte la communauté à faire confiance aux soignants

Beni, 26 juin 2026 (ACP).- Une survivante d’Ebola à Beni, dans la province du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a exhorté la communauté, vendredi auprès de l’ACP, à faire confiance aux structures de prise en charge médicales.

« J’ai été très bien soignée. Que Dieu bénisse tout le personnel soignant pour le travail remarquable qu’il a accompli dans le centre de traitement. Ceux qui menacent et s’attaquent aux équipes médicales doivent cesser ce comportement qui ne fait qu’aggraver la situation et retarder la fin de l’épidémie. Qu’ils fassent confiance au personnel soignant et aux équipes de la riposte », a témoigné Mme Mariam Musule, survivante de la 10ème  épidémie d’Ebola.

Elle a fermement condamné les violences dirigées contre les équipes de riposte, déplorant des actes ignobles qui, selon elle, compromettent les efforts visant à éradiquer la maladie. 

Bien que guérie et sauvée de justesse, cette survivante encourage la consultation des structures spécialisées, seules capables d’assurer une prise en charge convenable si le malade est présenté précocement, le traitement contre Ebola exigeant une grande célérité.

« C’est difficile pour celui qui n’a jamais contracté Ebola de comprendre ce qui se passe pendant la maladie. C’est à l’hôpital que j’ai été contaminée, après avoir utilisé la cuillère d’une voisine qui était malade sans que je le sache », a-t-elle expliqué.

Elle a reconnu avoir commis l’erreur de cacher son enfant, décédé avant d’avoir pu être pris en charge. 

En revanche, dès qu’elle a compris qu’elle était elle-même infectée, Mme Musule a décidé de se rendre au Centre de traitement Ebola (CTE), où elle affirme avoir bénéficié d’une prise en charge de qualité.

Halte aux fausses croyances

Réagissant aux fausses croyances selon lesquelles Ebola serait un mauvais sort ou une maladie inventée, Mme Musule a rejeté ces affirmations, rappelant que cette pathologie existe bel et bien et qu’elle peut être guérie si les patients sont traités rapidement.

« Ebola existe. Ceux qui pensent que c’est de la sorcellerie ou une invention se trompent. Si vous vous sentez malade, allez rapidement à l’hôpital. Les médecins et les infirmiers vous soigneront », a-t-elle assuré, précisant que son propre rétablissement constitue la preuve qu’une guérison est possible.

Mme Mariam Musule a, à cette occasion, témoigné de sa réinsertion sociale réussie, indiquant avoir été chaleureusement accueillie par sa communauté après sa guérison.

« Je vis normalement. La communauté ne se méfie pas de moi et je mène la même vie qu’avant ma contamination », a-t-elle affirmé, avant d’insister sur le strict respect des mesures de prévention et des gestes barrières pour limiter la propagation du virus.

« Évitez les contacts physiques inutiles, respectez les mesures sanitaires et ne considérez pas Ebola comme un sujet tabou. En parler dans le cadre de la sensibilisation peut sauver des vies », a recommandé Mme Musule.

Cette survivante a, toutefois, exprimé sa profonde gratitude envers les équipes médicales et les psychologues qui l’ont accompagnée durant son hospitalisation. Elle a cependant confié garder de profonds regrets doublés de remords pour la perte de son enfant, mort parce qu’elle l’avait caché au lieu de le faire soigner à temps. ACP/J K/kms

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