Rwampara, 11 juin 2026 (ACP).- Cinq personnes soupçonnées de séquestration d’un médecin en mission d’investigation sur la maladie à virus Ebola (MVE) dans le village Tutu, situé dans la zone de santé de Rwampara en périphérie de Bunia, en Ituri , dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC), ont été arrêtées, a appris l’ACP jeudi de source policière.
« Ils ont séquestré un médecin qui s’était rendu sur le terrain pour mener des investigations en rapport avec la maladie à virus Ebola. Arrivé au village Tutu, les personnes que vous voyez derrière moi l’ont retenu contre son gré, ligoté et ont même prémédité sa mort. Il allait être tué simplement parce qu’il était venu prélever des échantillons dans le cadre de la riposte », a déclaré Jean-Claude Mukendi, commissaire supérieur adjoint et point focal sécurité de la riposte Ebola.
Poursuivant son intervention, il a indiqué que les forces de sécurité avaient rapidement été déployées pour secourir le médecin et interpeller les présumés auteurs de cet acte.
« Nous avons diligenté une équipe d’urgence sécuritaire pour extraire ce médecin du village Tutu, situé dans le groupement Tsere. Une opération a été menée et plusieurs personnes ont été arrêtées en lien avec cette séquestration. Malheureusement, à cause de l’infodémie[des fausses informations] qui circulent, notre personnel de première ligne a été exposé », a-t-il expliqué.
Le commissaire supérieur adjoint Jean-Claude Mukendi a réaffirmé la détermination des services de sécurité à assurer la protection des équipes engagées dans la lutte contre Ebola et à intervenir face à toute menace susceptible d’entraver les opérations de riposte.
De son côté, un membre du pilier surveillance de la coordination de la riposte a livré un témoignage sur les circonstances de l’incident.
« Nous nous étions rendus au village Tutu pour investiguer un cas suspect d’Ebola. À notre arrivée, nous avons été reçus par le chef du village qui nous a conduits au domicile de la personne concernée. Quelques instants plus tard, cette dernière est entrée dans sa maison. Nous pensions qu’elle allait nous apporter des chaises, mais elle s’y était en réalité rendue pour préparer une arme« , a-t-il dit .
Avant d’ajouter »j’ai entendu des bruits suspects et j’ai immédiatement demandé à l’équipe de prendre des précautions. Quelques minutes après, cette personne est sortie munie d’une machette et s’est mise à nous poursuivre. Chacun a alors cherché à se mettre à l’abri. Malheureusement, le médecin a emprunté un autre chemin et a été intercepté puis violemment tabassé« .
« C’est à ce moment que nous avons alerté les services de sécurité qui sont intervenus pour nous extraire de cette situation. Nous avons perdu plusieurs effets personnels, notamment des chaussures et des téléphones contenant des données de travail. Quant à la personne suspectée d’être atteinte d’Ebola, elle a pris la fuite dans la forêt avec son arme », a-t-il témoigné.
Cet incident est le deuxième enregistré dans cette zone de santé, la plus touchée par les cas confirmés d’Ebola, après l’incendie d’un centre de traitement par un groupe de jeunes. Il met en évidence les défis persistants auxquels fait face l’équipe de riposte, notamment en matière d’adhésion communautaire, un élément crucial pour endiguer efficacement cette épidémie, souligne t-on.
ACP/M N

