Ebola et environnement : l’arrêt des perturbations écologiques recommandé pour stopper l’émergence du virus

Kinshasa, 4 juin 2026 (ACP).– L’arrêt « immédiat » des perturbations écologiques et la sanctuarisation des forêts tropicales ont été identifiés comme principal rempart pour bloquer à la source l’émergence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo(RDC), selon un expert en gestion des aires protégées dans un entretien jeudi avec l’ACP.

« Ebola est une maladie de l’environnement autant que de la santé humaine. Elle émerge lorsque l’équilibre entre faune, forêt et activités humaines est perturbé », a déclaré le Dr Arthur Kalonji, spécialiste en gestion des aires protégées et chef de site du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB).

D’après le Dr Kalonji, le virus d’Ebola circule de façon permanente dans les forêts tropicales africaines à travers un « cycle sylvatique » reliant le réservoir écologique et la faune sauvage.
« Les chauves-souris frugivores, les primates et les antilopes abritent naturellement ce pathogène. L’infection humaine ne se déclenche que lors d’un contact direct avec ces animaux ou leurs fluides corporels, ce qui rend crucial le maintien de la barrière naturelle entre les espèces », a-t-il indiqué.

L’expert a mis en avant la gestion durable de l’environnement comme une stratégie de santé publique indispensable : « La multiplication des épidémies résulte directement de la déforestation et de l’agriculture intensive qui fragmentent les habitats naturels. Privés de leurs écosystèmes, les animaux réservoirs migrent vers les zones habitées, ce qui augmente les contacts homme-faune. L’exploitation forestière, la chasse et la consommation de viande de brousse provoquent alors le spillover, c’est-à-dire le passage du virus de l’animal à l’homme. »

Sur le terrain, la parade repose sur l’application stricte de l’approche globale « One Health » (Une seule santé). Au sein du PNKB, cette stratégie se traduit par une surveillance accrue de la faune sauvage pour activer des alertes précoces, un contrôle rigoureux des zones de contact et le signalement immédiat des morts inhabituelles de mammifères, afin d’étouffer la menace avant sa propagation. Ces mesures environnementales intègrent également une lutte ferme contre le braconnage et le charbonnage illégal.

En définitive, l’expert renseigne que la fin des crises sanitaires liées à Ebola dépend de la préservation de l’équilibre écologique global. Pour lui, tant que les agressions contre la biodiversité rapprocheront les populations de la faune contaminée, le risque épidémique persistera, faisant de la conservation des forêts le premier bouclier de la santé humaine.

ACP/

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