Mbandaka, 29 août 2025 (ACP).- Une séance de réflexion sur les opportunités et menaces du couloir vert Kinshasa-Kivu pour la province de l’Équateur, dans l’ouest de la République démocratique du Congo, a été organisée à Mbandaka, a appris vendredi l’ACP de source associative.
«Cette séance de réflexion s’inscrit dans le contexte de la promotion du couloir vert Kivu-Kinshasa, créé par le décret N° 25/01 du 15 juin 2025, portant création de l’aire protégée à vocation de Réserve Communautaire: «Couloir vert Kivu-Kinshasa en République démocratique du Congo. C’est un projet ambitieux, une approche unique qui intègre les communautés locales dans un vaste projet de développement. Ce projet combine la conservation de la nature, le développement économique et la protection de la communauté locale», déclaré M. Djo Blake Ingila Iloa expert facilitateur de l’ONG «Acteurs pour le Développement Durable et la Préservation des Forêts d’Afrique» (ADDPFA).
Selon lui, l’objectif principal de l’ADDPFA est d’amener l’homme à vivre en harmonie avec l’environnement et la biodiversité. Spécifiquement, il s’agit de l’accompagnement des communautés, de la valorisation du système traditionnel de protection de la biodiversité, de l’appui juridique aux communautés locales autochtones, de la création de partenariats avec les secteurs privés, et de la promotion du genre.
Plusieurs autres objectifs ont été relevés dans ce couloir vert, à savoir: la conservation et la connectivité écologique, l’inscription dans les engagements climatiques et la biodiversité, l’importance géostratégique pour la République démocratique du Congo, la création d’une économie verte entre l’Est et l’Ouest du pays (l’Équateur étant le poumon avec la moitié des tourbières), la création d’emplois pour les initiatives de développement, et l’exportation des produits agricoles.
Concernant les opportunités dans ce projet, particulièrement dans la province de l’Équateur, les participants ont réfléchi autour de deux questions: comment intégrer d’autres modèles de gestion dans le couloir et comment garantir le droit des communautés locales et peuples autochtones pygmées.
Dans le cadre de l’intégration des modèles de gestion, les participants ont souligné la nécessité de : cartographier les autres modèles de gestion et trouver des mesures d’application y afférentes, mettre en place un cadre de concertation au niveau de chaque Province, de répartir équitablement les bénéfices avec tous les opérateurs forestiers ainsi que capitaliser les potentialités de chaque modèle.
Sur la sécurisation des droits des communautés locales et peuples autochtones, il a été relevé : la continuité de l’accompagnement de la communauté, le respect des us et coutumes de chaque communauté, le recrutement d’éco gardes au sein de la communauté, et la responsabilité communautaire dans la résolution des crises.
Selon les participants, le couloir vert Kinshasa-Kivu offre des opportunités à la province de l’Équateur sur plusieurs points, notamment le marché carbone, il permet la réduction de l’empreinte écologique, la création d’emplois, la valorisation des savoirs traditionnels, des opportunités de financement des projets, une plus-value des ressources naturelles, la possibilité d’améliorer les infrastructures de base, la recherche scientifique et la relance économique.
Quant aux menaces, on note les conflits d’usage, la méconnaissance des droits des communautés, la réduction des activités communautaires, l’exode rural et le non-respect des plans d’aménagement.
Pour le facilitateur, cette séance de réflexion a offert aux parties prenantes présentes une opportunité de réfléchir collectivement aux enjeux environnementaux, dans un contexte où la province de l’Équateur, riche en biodiversité et en ressources écologiques, occupe une place stratégique.
Il convient de noter que cette séance de réflexion organisée par l’initiative de l’ONG » Acteurs pour le Développement Durable et la Préservation des Forêts d’Afrique, a réuni divers acteurs de l’environnement, experts et techniciens de la ville de Mbandaka.
ACP/ODM

